Pologne : l’UE ne doit pas oublier la liberté de l’information !

Alors que la Commission européenne s’apprête à publier le 23 mai prochain un avis sur la situation de l’état de droit en Pologne, Reporters sans frontières (RSF) exhorte le vice-président de l’institution Frans Timmermans à aborder la question de la mainmise du pouvoir sur les médias publics du pays.

La Commission européenne doit adopter lundi 23 mai un “avis” pour rappeler à Varsovie les inquiétudes de l’UE sur la situation de l’état de droit en Pologne et l’avertir de possibles sanctions.


La dérive autoritaire du pays depuis l’accession au pouvoir du parti conservateur Droit et Justice (PiS) en novembre dernier inquiète Bruxelles. Le gouvernement a notamment voté en janvier 2016, une loi sur les médias permettant au ministre du Trésor Public de nommer et révoquer les responsables de la TV et de la radio publiques. La loi s’est accompagnée de licenciements de reporters jugés non compatibles avec la politique gouvernementale.


Reporters sans frontières (RSF) a condamné dès son adoption cette législation qui viole les valeurs fondamentales de l’Union européenne (UE) et demandé à la Commission européenne d’adopter des mesures contraignantes si Varsovie n’abandonnait pas sa promulgation.


Il est indispensable que la Commission ne laisse pas la liberté de la presse se détériorer au sein de l’UE. La mainmise du pouvoir polonais sur les médias doit être dénoncée clairement dans l’avis soumis par Frans Timmermans, rappelle Reporters sans frontières. Nous attendons que le vice-président réitère à Varsovie les préoccupations de l’UE en matière d’indépendance des médias”.


Le pays aura deux semaines à compter de lundi pour répondre aux interrogations de Bruxelles faute de quoi il s’exposerait à des sanctions telle qu’une suspension de ses droits de vote.


La Pologne, qui occupe la 47ème place (sur 180) au Classement mondial de la liberté de la presse RSF 2016, a perdu 29 places cette année.

Publié le 20.05.2016
Mise à jour le 20.05.2016