Guerre en Ukraine : la liste des journalistes victimes d’exactions s’allonge de jour en jour

Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, Reporters sans frontières (RSF) documente les attaques visant directement les professionnels des médias portant un brassard “Presse” et déplore de plus en plus de journalistes morts et blessés dans l’exercice de leur métier. RSF offre un soutien aux journalistes sur le terrain et demande aux autorités russes et ukrainiennes de garantir leur sécurité, conformément aux conventions internationales.

 

Dans le cadre de son suivi en temps réel de la situation de la liberté de la presse en Ukraine, RSF tient à jour le relevé des attaques contre les journalistes et les médias depuis l'invasion de l'armée russe. Cette carte interactive régulièrement actualisée permet de recenser les atteintes à la liberté de la presse ayant eu lieu en Ukraine.

 

  • Mercredi 8 juin. La tour de radio et de télévision de Kharkiv est de nouveau visée pendant la nuit par des frappes russes, empêchant la diffusion des chaînes télévisées jusqu’au lendemain. Un incendie se déclare et endommage les locaux du complexe de la tour.

 

  • Vendredi 3 juin. Près de Sievierodonetsk, le photographe Aleksander Ermochenko et le caméraman Pavel Klimov de Reuters sont légèrement blessés lors d’une attaque d'artillerie. Leur voiture, touchée, se retourne et prend feu. Le chauffeur est tué sur le coup.

 

  • Lundi 30 mai. Près de Lyssytchansk, le journaliste de BFM TV, Frédéric Leclerc-Imhoff a été tué par un éclat d’obus qui l’a atteint au cou alors qu’il était dans un véhicule humanitaire blindé, qui devait procéder à une évacuation de civils dans la région de Louhansk. Maxime Brandstaetter et Oksana Leuta, le journaliste et la fixeuse qui l’accompagnaient, ont été légèrement blessés et transportés à l'hôpital.

 

  • Samedi 28 mai. Deux reporters indépendants de Hong-Kong, le photojournaliste Alex Chan Tsz Yuk, qui collabore avec  SOPA Images, Japan Asahi Broadcasting Group Holdings Corporation et Japan 8 Bit News, et le JRI Kure Kaoru, qui travaille pour la chaîne NHK Japan, ainsi que leur fixeur Mykola Pastoukh, se retrouvent sous des tirs d’artillerie russe non loin du pont reliant Lyssytchansk et Sievierodonetsk. La première frappe, précise, tombe à quelques mètres de Mykola Pastoukh, qui est touché par un éclat à l’épaule droite. Ils roulent dans le fossé pour se mettre à l'abri et, quelques secondes plus tard, de nouveaux tirs retentissent. Alex Chan Tsz Yuk perd partiellement l’ouïe à l'oreille gauche. Mykola est transporté vers un hôpital pour être opéré, son bras est partiellement paralysé.

 

  • Mercredi 18 mai. Les journalistes de la chaîne de télévision ukrainienne ICTV, Tetiana Nakonetchna, Yevhen Tourta et Oleh Tsimbaliouk  se retrouvent sous les tirs de missiles et d’artillerie de l'armée russe alors qu’ils sont en reportage à Kostiantynivka, dans la région de Donetsk, frappée par au moins 7 tirs ce matin. L'un des missiles est tombé à seulement quelques dizaines de mètres de l'équipe de tournage, mais les journalistes n’ont pas été touchés.

 

  • Jeudi 12 mai. L’équipe de tournage de la chaîne de télévision ukrainienne 1+1 composée de Oleksandr Zagorodni, Ivan Golovatch, Vitali Ovsiannikov se retrouve sous le feu de bombes à sous-munitions russes alors qu'elle réalise un reportage dans la ville de Marinka, dans la région de Donetsk. 

 

  • Mercredi 11 mai. Les correspondants de la chaîne de télévision estonienne ERR  Anton Aleksejev and Kristjan Svirgsden, ceux du journal estonien Postimees Jaanus Piirsalu et Dmitri Kotjuh et le correspondant du quotidien allemand Die Welt Alfred Hackensberger essuient des tirs aux abords de la ville de Siversk dans la région de Donetsk. Des fragments d'une arme à sous-munitions éclatent près de leur voiture. Ils restent allongés sur le sol sous le feu pendant 15 minutes et parviennent à quitter les lieux.

 

  • Jeudi 5 mai. La journaliste Anastasia Stanko, le vidéaste Kolyan Pastiko de Hromadske TV  avec leur chauffeur se retrouvent sous les tirs de l’artillerie russe en réalisant un reportage sur l'évacuation des civils de Lyman (région de Donetsk) vers la ville de Dnipro. Trois obus ont atterri à 200 mètres de l'équipe Hromadske et des résidents de Lyman.

 

  • Jeudi 28 avril. La journaliste de la chaîne publique Dom TV Anastasia Volkova se retrouve sous les tirs de l’artillerie russe à Roubijné (région de Louhansk), alors qu’elle porte un gilet pare-balles et un casque siglé “Press”. Cinq minutes après l’arrivée de son équipe de télévision pour filmer une évacuation de civils imminente, les tirs ont visé l’endroit précis où elle se trouvait.

 

  • Mardi 26 avril. La voiture siglée “Press” transportant le reporter du média public espagnol Radio Nacional de España (RNE)Fran Sevilla, un reporter brésilien pour le quotidien Gazeta do Povo et la chaîne de télévision JP News, Luis Kawaguti, et leur chauffeur Konstantin Koujelny est endommagée par des tirs d’artillerie de l’armée russe près de Zaporijjia, sur la route de Marioupol, près de la dernière position de la défense ukrainienne. Les tirs se poursuivent lorsque le journaliste espagnol filme les dommages sur le véhicule.

 

  • Lundi 25 avril. Les reporters de la chaîne biélorusse en exil Belsat Ales Barazenka et Dzianis Doudzinski essuient des tirs dans le village de Bezrouki près de Kharkiv, alors qu’ils réalisent un reportage sur des ambulanciers. 

 

  • Mercredi 20 avril. A Mykolaïv, une roquette lancée par les forces russes frappe dans la nuit la rédaction de l’antenne locale du groupe audiovisuel public Suspilne, endommageant les fenêtres et les portes du bâtiment.

 

  • Lundi 4 avril. Une voiture d’une équipe de CNN est endommagée et une autre détruite par des tirs d’artillerie de l’armée russe près d’Oleksandrivka, au sud de Mikolaïv (sud), alors que le JRI John Torigoe filme le correspondant Ben Wedeman près de soldats ukrainiens, en présence du producteur Kareem Khadder et de leur traductrice Valeriia Doubrovska.

 

  • Dimanche 3 avril. Oleksandr Gounko, rédacteur en chef du journal en ligne Nova Kakhovka City et Dilovi novyny, également chroniqueur pour Hazeta Po-Ukrainski et Kraina est enlevé par l’armée russe après une perquisition à son domicile, selon son collègue Maksim Birovach. Des équipements lui sont confisqués. La rédaction de Nova Kakhovka City avait reçu plus tôt un e-mail de proposant de collaborer et de couvrir les événements "correctement". Il a été libéré le 6 avril, après trois jours passés au centre de détention de Kherson. 

 

  • Mercredi 30 mars. Le documentariste lituanien Mantas Kvedaravicius est tué de deux balles après avoir été enlevé par des soldats russes trois jours plus tôt à Marioupol. Il était venu filmer la ville assiégée.  

     

  • Lundi 28 mars. Une journaliste annonce la disparition depuis le 4 mars de son confrère Dmitro Khiliouk, correspondant de l'agence de presse ukrainienne UNIAN. Il serait détenu par l'armée russe dans un village occupé de la région de Kyiv, Dymer, avec une centaine d'autres prisonniers civils. Des habitants libérés estiment qu’il serait soupçonné, en tant que journaliste, d’avoir été en contact avec les forces de l'ordre ukrainiennes.

 

  • Samedi 26 mars. La journaliste de Zaporijjia Irina Doubtchenko, qui collabore avec l’agence de presse UNIAN, les médias en ligneDepo.ua et Reporter ou encore l'hebdomadaire Subota-plus, est arrêtée par les forces russes dans le village de Rozivka (région de Zaporijia) et emmenée vers Donetsk, dans le Donbass. Elle serait accusée de soutenir et cacher l’armée ukrainienne. Sa libération est annoncée par ses proches le 11 avril.

 

  •  Samedi 26 mars. Le caméraman de la chaîne télévisée privée ukrainienne 24 Kanal Oles Navrotskyї est grièvement blessé à la jambe par des éclats d'obus. Il s'est retrouvé sous le feu russe alors qu’il filmait dans la zone de combat dans la région de Kyiv, selon sa rédaction.

 

  • Vendredi 25 mars. Le correspondant de guerre pour la chaîne privée  1+1 et grand reporter ukrainien Andriї Tsaplienko est légèrement blessépar des éclats d'obus. Son équipe filmait l’évacuation de civils de Tchernihiv via un corridor humanitaire et s’est retrouvée sous le feu de l’armée russe, tout comme d’autres journalistes de la chaîne turque TRT World.

 

  • Mercredi 23 mars. La journaliste russe du média d’investigation en ligne The Insider Oksana Baoulina est tuée par une frappe de "drone kamikaze" (drone de combat aérien contenant un explosif) à Kyiv, selon sa rédaction. Elle réalisait un reportage sur les dommages causés par une précédente frappe sur un centre commercial dans le quartier de Podil. Deux policiers qui l’accompagnaient sont blessées.

 

  • Jeudi 24 mars. Un missile est tiré sur une tour de télévision à Izioum, dans la région de Kharkiv, selon Maksim Strelnik, le chef du département de la jeunesse et des sports du conseil municipal.

 

  • Mercredi 23 mars. Lors de la perquisition du domicile de la journaliste Svitlana Zalizetska à Melitopol (sud-est), deux soldats et un civil russes prennent en otage son père, âgé de 75 ans, et l’emmènent dans un lieu inconnu. Ils posent comme condition de sa libération que sa fille, directrice de Golovna Gazeta Melitopola et rédactrice en chef du site RIA-Melitopol se présente à eux. Il a été relâché le 25 mars après que la journaliste a annoncé avoir transféré le contrôle de son site d'information RIA-Melitopol à des tiers “sur le territoire contrôlé par l'Ukraine” qui, à son avis, “fournissent des informations objectives”.

 

  • Mardi 22 mars. Le domicile du rédacteur en chef du journal Nashe misto-Tokmak (région de Zaporijjia) Vitaly Golod a été perquisitionné en son absence par des agents des forces russes, qui ont saisi des documents et ses outils de travail.

 

  • Vendredi 18 mars. La rédaction du média indépendant Hromadske annonce que la journaliste Victoria Rochtchina n’a pas donné signe de vie depuis le 12 mars et que des témoins l’ont vue pour la dernière fois à Berdiansk, dans le sud-est du pays. Ils soupçonnent l’armée russe de l’avoir enlevée.  Le 22 mars, elle a été liberée.

 

  • Mercredi 16 mars. L’armée russe tire sur la tour de télévision de Vinnytsia, selon la Rada, le parlement ukrainien. La diffusion des chaînes de télévision et de radio dans la ville et aux alentours est temporairement suspendue.

      

  • Lundi 14 mars. Une équipe de la chaîne américaine Fox News est visée par des tirs à Horenka, près de la capitale ukrainienne, Kyiv. Le caméraman franco-irlandais Pierre Zakrzewski et la productrice ukrainienne Olexandra Kouvchinova sont tués dans l’attaque. Touché aux jambes par des éclats d’obus, le journaliste britannique Benjamin Hall est gravement blessé.

       

  • Lundi 14 mars. Un missile est tiré sur une tour de télévision et de radio dans le village de Vynarivka, dans la région de Kyiv, selon le chef de l'administration militaire régionale Oleksiy Kouleba. 

       

  • Lundi 14 mars. Une frappe aérienne endommage la tour de télévision de la région de Rivne, selon le chef de l’administration militaire régionale Vitaliy Koval.

      

  • Dimanche 13 mars. Le photojournaliste Maks Levin, qui a travaillé pour les agences de presse Reuters, Associated Press, la BBC, ou  encore le média indépendant ukrainien Hromadske disparaît à Vychhorod, près de Kyiv. Son ami Markiyan Lyseïko, qui donnera l’alerte, reçoit le dernier message de Maks Levin à 11h23 depuis la zone de combats où il faisait un reportage. Son corps sera retrouvé dans le village de Houta Mejiritska le 1er avril, après le retrait des forces russes. Il portait une veste Presse lorsqu’il a été tué de deux balles.  

   

  • Dimanche 13 mars. Le documentariste américain Brent Renaud est tuéd’une balle dans la nuque alors qu’il était au volant de sa voiture dans la ville d’Irpin, au nord-ouest de Kyiv. Le reporter Juan Arredondo qui l’accompagnait est blessé et hospitalisé.

     

  • Samedi 12 mars. Oleg Batourine, journaliste pour Novy Den à Kakhovka (région de Kherson), disparaît dans l’après-midi. Des soldats russes ont été vus près du lieu du rendez-vous où il devait se rendre, selon des sources locales. Des unités des forces armées russes sont stationnées dans la ville voisine de Nova Kakhovka. Le 20 mars, il a été libéré.

       

  • Vendredi 11 mars. Le correspondant de Radio Svoboda (la filiale russe du média américain Radio Free Europe/Radio Liberty), Marian Kouchnir, est blessé lors d’une attaque de roquette à Baryshivka, près de Kyiv. Il est soigné pour une commotion cérébrale.    

   

  • Mercredi 9 mars. La tour de télévision de Bilopillya, au nord-ouest de Soumy, est bombardée par l’aviation russe.    

   

  • Mardi 8 mars. L’armée russe prend d’assaut la tour de télévision de Berdiansk, bâtiment qui abrite plusieurs médias locaux, dont la radio locale Novosti Berdiansk, le journal Berdianskiye Vedomostiet la chaîne télévisée Youg TV. Une cinquantaine de journalistes sont retenus en otage par les soldats pendant plus de cinq heures et soumis à des violences physiques pour avoir refusé de diffuser la propagande du Kremlin, selon un témoin contacté par RSF.

     

  • Mardi 8 mars. La voiture de la journaliste ukrainienne Viktoria Rochtchina en reportage pour la télévision indépendante Hromadske, croise une colonne de chars russes, dans la région de Zaporijia. Elle est visée par des tirs. La journaliste et son chauffeur doivent abandonner le véhicule et fuir pour se réfugier dans les champs. Des soldats se sont introduits dans la voiture pour confisquer son matériel.

    

  • Dimanche 6 mars. Le photographe suisse Guillaume Briquetessuie des tirs après avoir passé un point de contrôle sur une route entre Kropyvnytskyi et Mykolaïv, dans le sud du pays. Il échappe de peu à la mort. Blessé au visage et au bras par des éclats de verre de son pare-brise, il se fait harceler et voler 3 000 euros et du matériel de tournage par des membres d’un présumé commando spécial russe.

    

  • Dimanche 6 mars. Une seconde frappe touche la tour de télévision de Kharkiv.

    

  • Samedi 5 mars. Le correspondant Adnan Can et son collègue caméraman Habip Demirci en tournage pour la chaîne panarabe basée à Londres Al-Araby TV essuient des tirs visant leur voiture alors même qu'ils avaient accroché un drapeau blanc et des signes "presse" à leur véhicule. Les deux journalistes se réfugient chez des habitants pendant 4 jours avant de pouvoir s’échapper.

    

  • Samedi 5 mars. Le fixeur d’une équipe de journalistes étrangers disparaît sur une route près de Kyiv, dans une zone contrôlée par les forces russes. Il doit abandonner la voiture louée par la rédaction, mitraillée malgré une pancarte “presse” visible. RSF apprend qu’il est aux mains des soldats russes. Le 13 mars, il a été libéré.

    

  • Vendredi 4 mars. La voiture marquée “Presse”et “TV” de la journaliste tchèque Darja Stomatová et du caméraman néerlandais Jan Schürger, en reportage pour la chaîne tchèque CNN Prima News, a été la cible de tirs dans le village de Iakovlivka, près de Kharkiv (est). 

     

  • Jeudi 3 mars. Les reporters tchèques Vojtech Bohac et Majda Slamova du média Voxpot, en voiture avec deux confrères ukrainiens de Central TV à Makariv, en périphérie de Kyiv, essuient des tirs de fusil d'assaut AK-47. Ils en sortent indemnes. 

    

  • Mercredi 2 mars. Trois tours de télévision sont bombardées. Une première frappe russe touche la tour de télévision de Kharkiv. La tour de télévision de Korosten est bombardée, ainsi que la tour de télévision de Lyssytchansk.

 

  • Mardi 1er mars. Evgueni Sakoun, caméraman de la chaîne locale Kyiv Live TV, est tué dans le bombardement de la tour de télévision de la capitale. 

 

  • Lundi 28 février. Une équipe de la chaîne d'information britannique Sky News, composée de quatre Britanniques et d’un journaliste ukrainien, se rend à Boutcha, en périphérie de Kyiv. Ils sont viséspar des tirs et le responsable de l’équipe Stuart Ramsey est blessé. Deux balles sont arrêtées par le gilet pare-balles du caméraman Richie Mockler.  

 

  • Samedi 26 février. Les journalistes danois Stefan Weichert et Emil Filtenborg Mikkelsen, correspondants du journal Ekstra-Bladet, sont gravement blessés par balles par un tireur non identifié à Okhtyrka, dans le nord-est de l'Ukraine. Ils sont soignés dans un hôpital de la zone, avant de pouvoir être évacués et hospitalisés au Danemark quelques jours plus tard.

   

Pour contacter le Centre pour la liberté de la presse créé par RSF à Lviv : [email protected]

 

L'Ukraine occupe la 97e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF en 2021. La Russie se situe à la 150e position.

Publié le 17.03.2022
Mise à jour le 05.05.2022