Canada : RSF dénonce l'arrestation de Savanna Craig et les méthodes d'intimidation employées par la police

Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités canadiennes d'innocenter la journaliste Savanna Craig et dénonce la tactique "arrestation et remise en liberté" employée par la police canadienne. Savanna Craig est la deuxième journaliste arrêtée au Canada dans de telles circonstances en deux mois.

Savanna Craig, journaliste à CUTV, la plus ancienne chaîne de télévision universitaire du Canada, couvrait une manifestation pro-palestinienne au siège de la Banque Scotia, dans le centre-ville de Montréal, le 15 avril. Lorsque la police est arrivée à la manifestation, elle a regroupé Craig et des manifestants. Savanna Craig a montré sa carte de presse et a déclaré à la police qu'elle était journaliste mais elle a été arrêtée.  

Mme Craig attend toujours la notification d'une date d'audience. La Cour municipale de Montréal n'a pas été en mesure de faire des commentaires à temps pour cette publication.

"Une tendance malveillante se dessine au Canada : des journalistes se rendent sur le terrain pour couvrir des manifestations ou des actions de la police, puis se font embarquer sans distinction lorsque la police arrête des manifestants. Même si le journaliste n'est pas inculpé au bout du compte, cela a pour effet d'intimider, d'entraver et finalement étouffer l'activité journalistique légitime. Ces tactiques d’arrestation et de remise en liberté doivent cesser."

Clayton Weimers
Directeur exécutif du bureau Amérique du Nord de RSF

"Il ne s'agit pas de moi ou de mon arrestation en particulier, mais d'un autre cas qui montre une tendance à l'arrestation de journalistes au Canada. Les journalistes devraient être protégés par la liberté d'expression inscrite dans la Charte canadienne des droits et libertés. Leur préoccupation devrait être de faire un bon reportage, et non de se demander s'ils risquent d'être arrêtés pour avoir fait leur travail.

Savanna Craig

La police utilise des tactiques d'arrestation et de remise en liberté des journalistes

Au Canada, les arrestations de journalistes sont relativement rares. Mais il y a déjà eu des incidents où la police a arrêté des reporters qui couvraient des actions policières et des manifestations publiques, afin de les éloigner de la scène. La journaliste indépendante Brandi Morin a été arrêtée en janvier 2024 alors qu'elle effectuait un reportage sur un campement indigène. Elle a été accusée d'avoir fait obstruction à un agent de police, ce qui est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison. À la suite du plaidoyer de RSF et d'autres groupes de défense de la liberté de la presse, l'accusation a été abandonnée. 

La photojournaliste primée Amber Bracken et le documentariste Michael Toledano ont eux été arrêtés alors qu'ils couvraient la construction d'un gazoduc controversé en Colombie-Britannique. Les autorités canadiennes ne doivent pas recourir à des tactiques d'intimidation pour empêcher les journalistes de demander des comptes à des institutions puissantes.

Le Canada est classé 14e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2024 par RSF.

Image
14/ 180
Score : 81,7
Publié le