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6 septembre 2018 - Mis à jour le 7 septembre 2018

RSF et Amnesty International devant l’ambassade d’Egypte à Paris pour demander la libération de Shawkan

A quelques jours du verdict dans le procès de Mahmoud Abdel Shakour Abou Zeid, dit Shawkan, jeune photojournaliste égyptien qui risque la peine de mort, Reporters sans frontières (RSF) et Amnesty International France ont organisé une opération “coup de poing”devant l’ambassade égyptienne à Paris pour demander sa libération immédiate et inconditionnelle.


Le 6 septembre, brandissant des pancartes et des appareils photos en solidarité à Shawkan qui risque la peine mort, RSF et Amnesty International ont manifesté devant l’ambassade d’Egypte à Paris afin de dénoncer le sort de ce jeune photojournaliste égyptien, détenu arbitrairement depuis plus de cinq ans.


"Ce jeune homme a passé un seizième de sa vie en prison pour avoir fait son travail. Il a obtenu son diplôme en 2012 et a été emprisonné en 2013. Cinq ans de prison pour n'avoir fait que son travail, c'est insupportable. Si la justice égyptienne le condamnait à mort samedi, ce serait une ignominie qui salirait à jamais le régime de Sissi. A chaque déplacement diplomatique du président égyptien, des militants parmi lesquels ceux de RSF seraient là pour le lui rappeler. Nous demandons à tous ceux qui peuvent faire pression sur l’Egypte de demander la libération de Shawkan, a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF lors d’une prise de parole conjointe avec Sylvie Bigot-Vilain, directrice générale d’Amnesty International France.


Lors de cette manifestation, les équipes de RSF ont voulu remettre à l’ambassade une urne remplie des milliers de photographies de journalistes, photographes et internautes du monde entier, qui ont pris part depuis le 10 avril à la grande campagne de solidarité initiée par RSF “#MyPicforShawkan”. De son côté, Amnesty a déposé un colis représentant les quelques 71350 signatures de la pétition que l’organisation a lancée pour demander la libération de Shawkan. L’ambassade a refusé de récupérer ces deux objets hautement symboliques.


Le verdict est attendu ce 8 septembre. Le parquet a requis en avril dernier la peine de mort contre lui. Jugé avec plus de 700 co-accusés, il est accusé d’actions terroristes. Son tort : avoir couvert la sanglante répression des manifestations place Rabba en août 2013.


L’Egypte occupe la 161ème place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par Reporters sans frontières. Au moins 32 journalistes professionnels ou non y sont actuellement privés de liberté pour leur travail.