Birmanie : le journaliste Sai Win Aung tué dans un assaut de l’armée à la frontière thaïe

Le reporter couvrait la situation des réfugiés dans l’État Kayin, situé dans le sud-est de la Birmanie, lorsqu’il a été victime d’une attaque d’artillerie mortelle lancée par les militaires. Reporters sans frontières (RSF) appelle la communauté internationale à durcir les sanctions qui visent les responsables de la junte, afin de mettre un terme à cette escalade de la terreur.

C’est le deuxième journaliste birman à succomber à la violence de la junte en à peine deux semaines. Chef d’édition au Federal News Journal, Sai Win Aung – également connu sous le nom d’A Sai K. – a été touché par balle le 25 décembre dernier à Myawaddy, un canton du sud-est de la Birmanie situé à la frontière avec la Thaïlande. Il est mort sur le coup.


Le reporter couvrait plus précisément la situation des réfugiés sur cette frontière, dans la ville de Lay Kay Kaw Myothit, lorsqu’il a été pris dans un assaut lancé par l’artillerie de la Tatmadaw, l’armée birmane, contre des membres des Forces populaires de défense (FPD), la résistance armée à la junte.


“Sai Wing Aung a payé de sa vie sa volonté d’informer ses concitoyens sur la terreur qu’impose l’armée à sa population depuis le coup d’Etat militaire de février 2021, rappelle le responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF, Daniel Bastard. Il est mort en héros, et son combat ne doit pas être vain. Nous appelons la communauté internationale à instaurer de nouvelles sanctions ciblées à l’encontre des responsables de la junte au pouvoir, afin de mettre un terme à l’actuelle escalade de la violence.”


Deuxième prison de journalistes au monde


Le 14 décembre dernier, RSF a révélé la mort, le jour-même, du photoreporter indépendant Soe Naing. Le journaliste a succombé à ses blessures à la suite d’un interrogatoire violent, au terme de quatre jours de détention. Il avait été arrêté par des membres des forces armées alors qu’il couvrait une manifestation silencieuse organisée dans les rues de Rangoun, la principale ville du pays.


Dans son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde, publié la semaine dernière, RSF a enregistré un nombre record de journalistes emprisonnés dans le monde en 2021. La Birmanie est devenue la deuxième plus grande prison du monde pour les journalistes, après la Chine.


Alors que le pays comptait deux journalistes emprisonnés en raison de leur métier en 2020, le nombre de professionnels des médias actuellement maintenus en détention dans les geôles birmanes s’élève désormais à au moins 57, d’après le baromètre mis à jour en permanence par RSF.


La Birmanie se situe à la 140e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF début 2021.

Publié le 28.12.2021
Mise à jour le 28.12.2021