Algérie : verdict en demi-teinte, Khaled Drareni condamné 6 mois de prison avec sursis

Le journaliste Khaled Drareni vient d'être condamné à 6 mois avec sursis et 50K DZD d’amende assorti de 5 ans de probation, le 3 mars 2022 par la cour d'appel d’Alger pour “incitation à attroupement non armé et atteinte à l'intégrité du territoire national”. Pour RSF, ce verdict en demi-teinte confirme le caractère politique d'une procédure judiciaire longue de deux ans dont 11 mois derrière les barreaux.

Khaled Drareni écope certes d’une peine moindre par rapport à son premier procès en appel où il avait été condamné à deux ans de prison ferme, mais reste sous la coupe d’un contrôle judiciaire de 5 ans. Pour rappel, le 19 février 2021, après 11 mois de détention, Khaled avait été remis en liberté provisoire, bénéficiant d’une sortie anticipée dans le sillage des grâces accordées par le Président Tebboune aux activistes du Hirak. Un mois après sa libération, la Cour Suprême avait accepté le pourvoi en cassation introduit par ses avocats et renvoyé le dossier en jugement à la cour d’appel d’Alger.

La première date pour ce nouveau procès en appel avait été fixée le 23 septembre 2021. Après 5 renvois successifs, le procès s’est finalement tenu le 17 février 2022 et le délibéré vient de tomber.

“Ce verdict en demi-teinte confirme le caractère politique du procès et démontre que depuis son arrestation en mars 2020, Khaled Drareni n’est ciblé par le régime algérien que pour avoir exercé un journalisme libre, pluraliste et indépendant, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. À aucune étape du procès une preuve sérieuse n’a été apportée, la condamnation de Khaled est incompréhensible et pour tout dire décevante, car il est un journaliste exemplaire qui fait honneur à son pays. RSF continuera à défendre de toutes ses forces son correspondant jusqu’à son acquittement définitif”.


Mettre fin à l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire


Depuis sa libération, il y a un an, Khaled Drareni avait repris son métier de journaliste. Faute de preuve d'une quelconque infraction, le régime s’est trouvé contraint de lui imputer les mêmes charges fondées sur des posts facebook qui ne peuvent être que des preuves d’innocence. RSF en appelle solennellement au président algérien Abdelmadjid Tebboune à intervenir pour que soit trouvée à cette procédure injustifiée la seule issue qui s’impose : l’acquittement définitif de Khaled Drareni.



 L'Algérie figure à la 146e place sur 180 du Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en 2021. Le pays a perdu cinq places par rapport au classement de 2019 et 27 par rapport à celui de 2015.

Publié le 03.03.2022
Mise à jour le 03.03.2022