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11 février 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

Violences policières contre les journalistes venus rencontrer le candidat Mokoko


A Brazzaville, une dizaine de journalistes venus assister à l'arrivée de l’avion du général Mokoko, candidat à la présidentielle fraîchement déclaré, ont été sévèrement frappés par les forces de l'ordre. Reporters sans frontières (RSF) dénonce ces violences qui visent à empêcher une couverture plurielle de l'activité politique du pays.

Une dizaine de journalistes ont été molestés par les forces de l’ordre, à l’aéroport de Maya-maya de Brazzaville, mardi 9 février 2016 vers 19h30. Ces reporters attendaient l’arrivée du général Jean Marie Michel Mokoko, qui a récemment annoncé sa candidature à la présidentielle anticipée du 20 mars 2016. Cet ancien conseiller du président Denis Sassou Nguesso est actuellement installé à Bangui où il est représentant spécial de la présidente de l’Union africaine.

Selon plusieurs observateurs, une quarantaine de policiers - en tenue et en civil- ont été acheminés vers l'aéroport dans deux bus sans immatriculation. Ils y ont rejoint la trentaine d'éléments qui s’y trouvaient déjà. Avant même l'atterrissage de l'avion, ces derniers auraient tiré des grenades lacrymogènes dans le but de disperser les journalistes et le public venu attendre le général. Plusieurs reporters ont été frappés et ont vu leur matériel endommagé ou confisqué. Parmi eux, Alphonse Ndongo, le correspondant au Congo de Jeune Afrique économie, Makouangou Sidney de la télévision TPT, Sathoud de la télévision MCRTV, ainsi que des journalistes des télévisions DRTV et MNTV.

Le général lui même a essuyé tirs lacrymogènes et jets de pierres, et les familles venues accueillir leurs proches à la sortie de l'avion ont aussi été touchées. Le directeur de la police, le général Jean-François Ndenguet, n'a pour l'instant pas présenté d'explications sur le comportement de ses hommes.

“Ce type de violence est inacceptable et laisse mal présager de la transparence des élections à venir, déclare Cléa kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. Nous appelons les autorités de police congolaises à faire toute la lumière sur ce qui s'est passé et à garantir une libre couverture des évènements politiques à venir au Congo dans les prochains mois.”

Le 3 février dernier, le général Mokoko a démissionné de ses fonctions de conseiller paix et sécurité auprès de la présidence congolaise et s'est, dans la foulée, déclaré candidat à la présidentielle du 20 mars 2016; une élection initialement prévue pour juillet. Ce général respecté avait critiqué la tenue du référendum d'octobre 2015 qui a permis au Président Denis Sassou Nguesso de modifier la Constitution afin de pouvoir se représenter à un mandat qu'il occupe déjà depuis plus de 30 ans. Le jour du référendum, la connexion internet ainsi que l'antenne de Radio France internationale (RFI) avaient été coupées dans tout le pays.

Le Congo occupe la 107ème place sur 180 pays dans l'édition 2015 du Classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse.