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21 mars 2017 - Mis à jour le 22 mars 2017

​Vingtième journaliste assassiné dans l’Etat mexicain de Véracruz

Un journaliste mexicain présente une photo de Ricardo Monlui lors d'une manifestation à Cordoba, Veracruz, le 19 mars 2017. IVAN SANCHEZ / AFP
L’assassinat du journaliste Ricardo Monlui, ce dimanche 19 mars à Yanga, porte à 20 le nombre de journalistes tués dans l’Etat de Veracruz depuis 2000. Reporters sans frontières (RSF) exhorte la nouvelle équipe du gouverneur à protéger les journalistes et à stopper cette spirale mortifère.

Le journaliste Ricardo Monlui (57 ans) a été abattu par balles le dimanche 19 mars dans la municipalité de Yanga (proche de la ville de Córdoba, Etat de Veracruz) alors qu’il sortait du restaurant avec son épouse et ses fils, et se dirigeait vers sa voiture.


Ricardo Monlui était directeur du journal local El Politico et éditorialiste pour les journaux Diario de Xalapa et El Sol de Córdoba, dans lequel il tenait sa rubrique intitulée ‘Crisol’. Il était également président de l’association des journalistes et photojournalistes de Cordoba.


Dans ses publications, il abordait régulièrement les conflits entre les autorités du Veracruz et les producteurs et travailleurs de canne à sucre, une des principales activités de la région. La veille de son assassinat, un article publié sur El Politico abordait la mort suspecte d’un supposé journaliste de la région, sur le corps duquel se trouvait un message contre le cartel Los Zetas, le principal cartel présent au Veracruz (dans la liste des prédateurs de la liberté de la presse de RSF).


RSF demande à la justice du Veracruz d’identifier au plus vite les auteurs de cet assassinat et de privilégier la piste professionnelle. Les autorités du Veracruz doivent également fournir à sa famille et à ses collaborateurs toute les mesures de protection nécessaires, déclare Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de l’organisation. Le nouveau gouverneur du Veracruz doit par ailleurs faire connaître ses intentions et ses plans pour endiguer le flux de violence qui s'abat sur la presse du Veracruz depuis de trop nombreuses années”.


Ricardo Monlui n’avait pas signalé de menaces récentes et ne bénéficiait d’aucune mesure de protection particulière. En décembre 2010, son fils Ricardo Monlui Ruíz avait fait l’objet d’une tentative d’assassinat.


Il s’agit du 20ème journaliste assassiné au Veracruz depuis 2000, et du premier depuis l’investiture du gouverneur Miguel Ángel Yunes Linares en décembre 2016.


Dans un rapport intitulé: “Veracruz, les journalistes face à l’état de peur”, dévoilé le 2 février 2017, RSF revient en détails sur la difficulté d’exercer le travail de journaliste dans cet état parmi les plus violents du Mexique et du continent, et propose une série de recommandations, comme celle notamment demandant à Miguel Ángel Yunes Linares de ‘mettre en place une politique claire, efficace et transparente pour garantir la sécurité des journalistes et le libre exercice de la profession dans l’Etat, à travers des objectifs précis et en renforçant les instances chargées de garantir cette liberté d’expression”.


Le Mexique est 149e sur 180 au Classement mondial sur la liberté de la presse établi par RSF en 2016.