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27 décembre 2016 - Mis à jour le 29 décembre 2016

Une journaliste irakienne enlevée à Bagdad

Page Facebook d'Afrah Shawqi
RSF exprime sa plus vive inquiétude après l’enlèvement de la journaliste Afrah Shawki et demande aux autorités irakiennes de tout mettre en œuvre pour la retrouver dans les plus brefs délais.

La journaliste Afrah Shawqi, 38 ans, a été enlevée à son domicile par des hommes armés dans la soirée du 26 décembre. Vers 22H00, huit hommes armés ont fait irruption chez elle à Saïdiya, un quartier au sud-ouest de Bagdad. D’après la famille de la journaliste, avec qui a pu s’entretenir Ziad al-Ajili, le responsable de l'Observatoire irakien de la liberté de la presse, ces hommes habillés en civil ont prétendu appartenir aux forces de sécurité pour entrer et fouiller sa maison.


Toujours d’après le responsable de l'Observatoire irakien de la liberté de la presse, une fois à l’intérieur, les ravisseurs ont menotté son fils de 16 ans puis dérobé des téléphones portables, des ordinateurs, des bijoux et de l'argent liquide. Ils ont ensuite enlevé Afrah Shawqi et pris la fuite en volant également sa voiture.


L’enlèvement a été confirmé par le Premier ministre Haïder al-Abadi qui a condamné dans un communiqué le kidnapping de la journaliste et ordonné aux forces de sécurité de "faire le maximum pour la protéger, la retrouver et mettre la main sur le ou les groupes responsables".


“Nous exprimons notre plus vive inquiétude et condamnons fermement cet enlèvement”, déclare pour sa part Virginie Dangles, rédactrice en chef à Reporters sans frontières. Nous demandons au Premier ministre de tenir son engagement à tout mettre en oeuvre pour retrouver Afrah Shawqi ainsi que les auteurs de son enlèvement. RSF rappelle également qu’il est de la responsabilité du gouvernement irakien d’améliorer la sécurité des journalistes”.


Les journalistes irakiens ont organisé ce mardi 27 décembre plusieurs manifestations de soutien en faveur de leur collègue. “Afrah Shawqi est une journaliste reconnue pour son professionnalisme, rappelle Saad al-Massoudi, le correspondant d’Al Arabiya à Paris. Ses articles dénoncent régulièrement les dysfonctionnements de la société irakienne, la corruption et elle ne craint pas de traiter des sujets sensibles qui préoccupent les Irakiens.”


Afrah Shawqi collabore avec de nombreux journaux et des sites internet comme Aklaam ("Les stylos", en arabe). C’est sur ce site qu’elle avait publié lundi 26 décembre, un article dans lequel elle dénonçait les agissements dans le pays de groupes armés en toute impunité.


La journaliste est également employée au ministère irakien de la Culture, où elle s'occupe notamment des droits des femmes.


L'Irak est l'un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Sept d'entre eux y ont été tués en 2016, selon le dernier bilan annuel publié par Reporters sans frontières. L’Irak figure également à la 158e place (sur 180) du Classement 2016 sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.