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30 octobre 2018

Un reporter d’image indien tué dans une embuscade maoïste

Achyutananda Sahu a été victime d’une embuscade tendue par un groupe armé rattaché à la guérilla maoïste (photos : archives - Prakash Singh / AFP).
Le cameraman Achyutananda Sahu, qui faisait un reportage sur une patrouille de police ce matin en Inde de l’Est, est décédé à la suite d’une attaque de guérilleros maoïstes. Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités à mettre en place un dispositif de protection des professionnels des médias.

Le reporter d’images Achyutananda Sahu a succombé à ses blessures, aujourd’hui mardi 30 octobre vers midi, après avoir été victime d’une embuscade dans une forêt du district de Dantewada, au sud de l’État du Chhattisgarh (Inde de l’Est). Le cadreur, envoyé par le groupe de télévision public Doordarshan, y suivait une patrouille de policiers lorsque le groupe a soudain été attaqué par un groupe rebelle maoïste.


Minée par la guérilla naxalite, cette région doit se rendre aux urnes le 12 novembre prochain pour élire l’assemblée provinciale. C’est dans la perspective de ce scrutin que l’équipe de télévision avait été dépêchée sur les lieux.


“Le décès d’Achyutananda Sahu est un nouveau drame qui endeuille la communauté des professionnels des médias en Inde, déjà gravement affectée depuis plusieurs mois, déplore Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Avant lui, quatre journalistes indiens ont été tués cette année en raison de leur activité professionnelle - sans compter tous ceux qui ont fait l’objet de violences et de menaces. Il convient de réfléchir à un dispositif efficace de protection des reporters, et nous appelons la classe politique indienne à faire de cette question un enjeu majeur des élections législatives du printemps prochain.”


RSF a lancé une “procédure d’alerte” à propos de la situation de la liberté de la presse en Inde en juillet dernier. Compte tenu de la dégradation de plusieurs indicateurs depuis le début de l’année, dont l’indice qui recense les exactions commises contre les journalistes, le pays risque de perdre à nouveau des places, en 2019, dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.


L’Inde y occupe en 2018 la 138e place sur 180 pays.