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3 mars 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un patron de médias assassiné dans la région agitée du Teraï


Reporters sans frontières est attristée et indignée par l'assassinat d'Arun Singhaniya, propriétaire du journal régional Janakpur Today et de Radio Today. Revendiqué par plusieurs groupes armés qui sévissent dans le Teraï, cet homicide témoigne de l'intolérance à l'égard des médias indépendants. Reporters sans frontières a inscrit ces groupes armés du Teraï dans sa liste des prédateurs de la liberté de la presse.

"Cet assassinat d'un patron de presse reconnu est le résultat de la violence endémique qui frappe le sud du Népal depuis plusieurs années. Ni le gouvernement népalais ni les partis politiques locaux n'ont réussi ou essayé d'endiguer cette dérive violente et mafieuse. Il est temps que les forces de l'ordre assument leur responsabilité et assurent la protection des journalistes, notamment les patrons de médias", a affirmé Reporters sans frontières.

Cet assassinat est survenu trois semaines après le meurtre d'un autre patron de presse, Jamim Shah, dans la capitale. La police a établi qu'un groupe mafieux originaire d'Inde serait impliqué dans ce meurtre.

Arun Singhaniya a été tué par balles par deux hommes circulant à moto à Janakpur (sud du Népal). Il était le président du Janakpur Today Media Group auquel appartenait le quotidien Janakpur Today ainsi que la station Radio Today. Agé de 50 ans, le patron de presse dirigeait également un site Internet. Les organisations de journalistes népalais ont organisé aujourd'hui des manifestations dans plusieurs villes du pays pour dénoncer cet assassinat.

Le 11 janvier 2009, Uma Singh, journaliste de Radio Today, avait été assassinée, mais vraisemblablement pour des motifs personnels et non pas professionnels.

Les médias basés dans le Teraï sont contraints à l'autocensure, en raison des menaces continues des groupes armés.

Le 17 février dernier, à Birgunj (Sud), Sanjaya Sah, du journal Jana Pratibimba Daily, a été menacé par le responsable local du groupe armé Janatantrik Tarai Mukti Morcha qui lui reprochait de publier des articles défavorables à son organisation.