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3 mai 2019

Un journaliste mexicain lauréat du Prix de la liberté de la presse de RSF-Suède

Le Prix de la liberté de la presse 2019 de la section suédoise de Reporters sans frontières (RSF) a été attribué le 3 mai 2019 au journaliste Ismael Bojórquez Perea, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Ríodoce.

Ismael Bojórquez Perea, 61 ans, est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire mexicain Ríodoce dans l’Etat du Sinaloa. Sous sa direction, le magazine a enquêté sur des cas de corruption et d’impunité, ainsi que sur les cartels de la drogue et des organisations criminelles. Il a aussi mis en cause le gouvernement mexicain et le système judiciaire pour ne pas avoir fait tout ce qui était en leur pouvoir lors des enquêtes sur les meurtres de journalistes.


Au Mexique, une impunité quasi totale règne en la matière. Sur 114 meurtres de journalistes enregistrés par le ministère public depuis 2000, seuls 48 ont donné lieu à une enquête et 3 à une condamnation. Une situation qui pousse les professionnels de l’information à se taire et à éviter les sujets susceptibles de les mettre en danger.


Ríodoce figure parmi les rares publications qui ont poursuivi leur travail d’information sur des affaires de corruption et de violence – en le payant parfois au prix fort. Le magazine a non seulement reçu des menaces, mais en mai 2017, Javier Valdez, collaborateur d’Ismael Bojórquez Perea, a été abattu devant les locaux de la rédaction.  « Nous ne changerons pas notre manière de travailler. Nous continuerons à faire ce que nous faisons, mais désormais, nous serons plus prudents », avait alors déclaré le rédacteur en chef.


Depuis la fondation de Ríodoce en 2003, des politiciens locaux et des membres d’organisations criminelles ont exercé des pressions sur l’équipe éditoriale dans le but d’influencer l’indépendance du journal.  


"Le Mexique est l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Ismael Bojórquez Perea est devenu, au péril de sa vie, l’un des porte-paroles de la liberté de la presse et de la protection des journalistes", déclare Erik Halkjaer, président de RSF Suède.


Ces cinq dernières années, 39 journalistes ont été tués au Mexique. C’est plus que dans n’importe quel pays au monde durant la même période. Le Mexique occupe le 144e rang sur 180 pays dans le Classement RSF 2019 de la liberté de la presse.