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18 août 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un journaliste malmené par la police en Guadeloupe


Sylvère Selbonne, reporter-photographe pour le quotidien France-Antilles Guadeloupe, a subi une interpellation musclée le 15 août 2003, au cours de laquelle il a été frappé et insulté par la police. "Frappé, insulté, humilié : ce journaliste, qui ne faisait que son métier, a été traité comme le pire des criminels. La police guadeloupéenne ne nous avait pas habitués à ces comportements inacceptables. Nous vous demandons d'ouvrir une enquête sur les agissements de ces policiers et de prendre les mesures nécessaires afin qu'une telle dérive ne puisse plus se reproduire" a écrit Reporters sans frontières, dans un courrier adressé au préfet de Guadeloupe, Dominique Vian. Sylvère Selbonne a été interpellé par la police alors qu'il couvrait le braquage d'un fast-food aux Abymes (Grande-Terre). Il photographiait l'organisation des secours après le hold-up, qui avait fait plusieurs blessés. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, la police a intimé l'ordre au journaliste de quitter les lieux. Devant son refus, un policier l'a violemment bousculé, avant de lui passer les menottes dans le dos. Traité de "journaliste de merde", il a reçu plusieurs coups de poing à la tête et un coup de pied au postérieur. Sylvère Selbonne a été maintenu en garde à vue toute la nuit. Souffrant à cause des coups reçus à la tête, le journaliste a été transporté à sa demande à l'hôpital pour un examen médical. Très affecté psychologiquement par cette expérience, il entend porter plainte.