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23 décembre 2016 - Mis à jour le 26 avril 2017

Un journaliste d’investigation bulgare victime de menaces persistantes pour ses enquêtes sur des malversations au plus haut sommet de l’Etat

Dimitar Stoyanov / DR
Reporters sans frontières (RSF) exhorte les autorités bulgares à protéger Dimitar Stoyanov, journaliste du site d’investigation bulgare Bivol, victime de menaces graves et persistantes depuis un an, et à communiquer des éléments sur l’avancée de l’enquête.

Les journalistes du site d’investigation bulgare BIvol (Bivol.bg), dont Dimitar Stoyanov, ont publié au cours des derniers mois plusieurs enquêtes faisant état de corruption, de détournement de fonds publics ou de liens entre les autorités bulgares et des organisations criminelles. Les journalistes se heurtent depuis à plusieurs types de pressions ou d’intimidations venues des officiels et oligarques mentionnés dans leurs reportages visant à les dissuader de poursuivre leur travail.


Depuis plus d’un an, Dimitar Stoyanov fait l’objet de menaces graves. Malgré l’ouverture d’une enquête, aucun élément ne lui a été communiqué bien que les pressions se fassent de plus en plus insistantes.

Le 13 décembre dernier, le journaliste a même reçu une citation à comparaître de la police de Troyan (120 km de Sofia) au sujet de son enquête sur l’enrichissement inexpliqué d’un avocat, Momchil Mondeshki.

Ce même avocat a été impliqué dans le scandale politico-judiciaire du «Yanevagate» caractérisé par un trafic d’influence au sommet de l’Etat.


'Reporters sans frontières apporte tout son soutien à la rédaction de Bivol qui fait l'objet d'une campagne de harcèlement sans précédent de la part des oligarques et des officiels qu’elle dénonce et demande des mesures de protection pour Dimitar Stoyanov " déclare Pauline Adès-Mével, responsable du bureau UE-Balkans de Reporters sans frontières (RSF).


La réputation des journalistes de Bivol n’est plus à faire, un de ses rédacteurs, Atanas Tchobanov, a même été élu récemment membre du comité de direction de l’organisation OCCRP (Projet de rapport sur le crime organisé et la corruption) pour la qualité des travaux menés par le site d’information depuis des années.


La Bulgarie figure à la 113ème position, sur 180 pays, au Classement mondial 2016 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, la plus mauvaise performance au sein des pays de l’Union européenne.