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6 avril 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Un deuxième directeur de journal relâché sous caution


Jean-Pierre Pambu Lutete, directeur du périodique La Tolérance, a quitté le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), le 6 avril 2006 en fin de journée, après le paiement d'une caution de 40 dollars par l'organisation partenaire de Reporters sans frontières, Journaliste en danger (JED). La caution a été versée au juge Marcel Ikwa. Le journaliste avait été arrêté le 3 mars 2006 et déféré au parquet de grande instance de Kinshasa-Kalamu pour « imputations dommageables » et « incitation à la haine tribale » suite à la plainte de Michel Tudu Zingo te Lando, conservateur des titres immobiliers de Funa, un des quartiers de la commune de Limete, à Kinshasa. Après un entretien avec Reporters sans frontières et JED, le président de la République, Joseph Kabila, avait transmis au ministère de la Justice une demande de remise en liberté pour ce journaliste, ainsi que pour Jean-Louis Ngalamulume, directeur du périodique L'Eclaireur, libéré le 31 mars après le versement d'une caution de 40 dollars. ---------------- 31.03.06 - Le directeur de L'Eclaireur relâché sous caution Jean-Louis Ngalamulume, directeur du périodique L'Eclaireur, incarcéré depuis le 31 janvier 2006, a été relâché dans la soirée du 31 mars, après le paiement d'une caution de 40 dollars. Après un entretien avec Reporters sans frontières et son organisation partenaire en République démocratique du Congo (RDC), Journaliste en danger (JED), le président de la République, Joseph Kabila, avait transmis au ministère de la Justice une demande de remise en liberté pour ce journaliste, ainsi que pour Jean-Pierre Pambu Lutete, directeur du périodique La Tolérance. Celui-ci devrait être libéré dans les mêmes conditions, dans les jours qui viennent. ----------------------------------------- 15.02.2006 Reporters sans frontières demande la libération de deux directeurs de journaux du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa Reporters sans frontières demande la libération, dans les plus brefs délais, de Jean-Louis Ngalamulume et Patrice Booto, deux directeurs de journaux incarcérés dans un centre pénitentiaire de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), depuis respectivement trois semaines et trois mois. « Au fil des années, la RDC se distingue de plus en plus pour ses violations odieuses de la liberté de la presse, a déclaré Reporters sans frontières. Alors que les assassins du journaliste Franck Ngyke et de son épouse sont encore en liberté, deux directeurs de journaux subissent l'épreuve de la prison pour avoir exercé leur métier. Ainsi, à Kinshasa, les châtiments les plus injustes sont réservés aux journalistes et l'impunité est offerte aux tueurs. Il est temps de mettre fin à ce scandale. Avant tout, la plainte contre Jean-Louis Ngalamulume doit être retirée et Patrice Booto libéré. » Jean-Louis Ngalamulume, éditeur et directeur du périodique L'Eclaireur, est emprisonné au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK) depuis le 31 janvier 2006. Le journaliste avait été interpellé quatre jours plus tôt par un officier de police judiciaire nommé Kinuani. Gardé à vue au poste de police « Kin-Mazière » à Kinshasa, il a été entendu au sujet d'un article paru dans son journal le 11 janvier, intitulé « Béni Kisalambote, conservateur des titres immobiliers de Mont-Amba, maudit à mort par les agents et fonctionnaires de cette circonscription ». Dans cet article, M. Kisalambote était qualifié d' « incompétent » et de « corrompu », au regard de sa gestion des titres fonciers du district kinois. Transféré le 28 janvier devant la cour d'appel de Kinshasa-Gombe, puis devant le tribunal de grande instance le 31 janvier, le journaliste a été inculpé d' « injures publiques ». Sa demande de mise en liberté provisoire a été examinée le 9 février par la Chambre de Conseil, qui a fixé la caution à 1000 dollars américains (environ 840 euros). Patrice Booto, éditeur et directeur du trihebdomadaire Le Journal et de son supplément Pool Malebo, a comparu devant la Cour de sûreté de l'Etat (CSE) le 14 février 2006 pour « propagation de faux bruits en public », « offense au chef de l'Etat » et « outrage au gouvernement ». Également détenu au CPRK depuis le 9 novembre 2005, il avait été interpellé une semaine plus tôt par cinq hommes armés et habillés en civil appartenant aux services spéciaux de la police. Détenu au commissariat de Kinshasa, où il avait fait l'objet de mauvais traitements et de menaces de mort, il avait été déféré le 9 novembre devant la CSE. Le parquet a requis douze mois de prison ferme. Six mois de prison ont été requis contre la source de son article, dont l'identité a été révélée par le journaliste, un pistolet sur la tempe. Dans les éditions n°20 du 15 au 21 septembre 2005 et n°181 du 16 au 19 septembre 2005, Pool Malebo et Le Journal avaient publié un même article faisant état d'un don de 30 millions de dollars de la RDC au secteur éducatif de la République de Tanzanie au moment où un conflit opposait en RDC le gouvernement aux syndicats enseignants congolais. Patrice Booto avait comparu pour la deuxième fois, le 10 janvier 2006, devant la CSE. Au cours de cette audience, la Cour avait refusé sa demande de liberté provisoire.