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25 novembre 2020

Turquie : reprise du procès de l’assassinat de Jamal Khashoggi

Le procès de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a repris à Istanbul avant d’être ajourné au 4 mars. Bien que la Cour ait rejeté la demande de Reporters sans frontières (RSF) de se constituer partie civile, des représentants de l’organisation étaient présents.

RSF était la seule ONG internationale présente lors de la deuxième audience du procès pour l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui s’est déroulée au tribunal de Çağlayan, à Istanbul, ce mardi 24 novembre. Vingt-six accusés sont désormais jugés par contumace. La Cour a rejeté la demande de l’organisation de se constituer partie civile, arguant qu’elle n’avait pas été directement affectée par le crime mais l’audience a été suivie par la directrice des campagnes internationales de RSF Rebecca Vincent, le directeur de RSF Allemagne Christian Mihr et le représentant de RSF en Turquie Erol Önderoglu.  


« Nous sommes déçus par la décision de la Cour de rejeter notre demande de nous constituer partie civile, ce qui nous aurait donné accès à des documents juridiques et nous auraient permis de suivre l’affaire au plus près, déclare la directrice des campagnes internationales de RSF, Rebecca Vincent. Mais cela ne nous empêchera pas de continuer à observer attentivement la procédure et d’appeler au respect des normes internationales, Les tribunaux turcs ont un rôle important à jouer afin que justice soit rendue pour ce crime abominable, et ils se doivent de mener des audiences équitables et transparentes – contrairement à la parodie de justice qui a eu lieu en Arabie saoudite. »

 


Au cours de cette nouvelle audience, une deuxième phase d’inculpation de 6 personnes supplémentaires s’est ajoutée à la première, portant le nombre des accusés à 26 – tous de nationalité saoudienne. N’étant pas présents à l’audience, ils étaient représentés par des avocats commis par l’Association du barreau d’Istanbul, et feront l’objet d’un mandat d’arrêt, a déclaré le juge. La prochaine audience aura lieu le 4 mars. 

 


La Cour a entendu le témoignage de l’ancien dirigeant d’un parti d’opposition égyptien et patron de média égyptien en Turquie, Ayman Nour, qui a côtoyé Jamal Khashoggi pendant 39 ans. Le journaliste lui avait confié ses craintes après avoir reçu, avait-il dit, des menaces de la part de Saud al-Qahtani, ancien aide du prince héritier Mohammed ben Salmane.

 


Juste avant l’audience, les 21 et 22 novembre dernier, s’est tenu le sommet du G20 à Riyad, où les Etats représentés ont échoué à interpeller l’Arabie saoudite sur la nécessité d’avancées immédiates en matière de liberté de la presse – parmi lesquelles la justice pour Jamal Khashoggi et la libération des 34 journalistes actuellement détenus dans le royaume. En conclusion du plaidoyer et de la campagne qu’elle menait depuis des mois, RSF a détourné le hashtag officiel #G20SaudiArabia avec un message de soutien à la liberté de la presse.

 


RSF poursuit également sa campagne en vue de la libération des dizaines de journalistes emprisonnés en Turquie et d’améliorations significatives dans le domaine de la liberté de la presse.

 


La Turquie et l’Arabie saoudite occupent respectivement la 154e et 170e place sur 180 pays dans le Classement mondial pour la liberté de la presse établi par RSF en 2020.