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31 août 2017 - Mis à jour le 1 septembre 2017

Trois journalistes étrangers expulsés d’Ukraine en quelques jours

Crédit : Jack Guez / AFP
Trois journalistes étrangers ont été interpellés et expulsés d’Ukraine sans autre forme de procès entre le 25 et le 30 août. Reporters sans frontières (RSF) appelle Kiev à mettre un terme à ce tri.

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“Arrêter et expulser des journalistes n’est pas une bonne réponse à la guerre de l’information. Encore moins sans explication détaillée et sans mécanisme de recours, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale de RSF. Si contestables que puissent être certains contenus, rien ne justifie ces atteintes à la liberté de la presse, qui ne font d’ailleurs qu’offrir des arguments à la machine de propagande russe.”


La journaliste Anna Kourbatova, correspondante de la chaîne semi-publique russe Pervy Kanal, a été arrêtée le 30 août à Kiev. La porte-parole des services de sécurité ukrainiens (SBU), Olena Guitlianska, a annoncé quelques heures plus tard qu’elle était expulsée vers la Russie et interdite de séjour pour trois ans, pour avoir “nui aux intérêts nationaux”. “Quiconque se permet de diffamer l’Ukraine subira le même sort”, a-t-elle averti.


Le dernier reportage d’Anna Kourbatova portait sur la fête de l’indépendance ukrainienne. Sa couverture de l’événement suggérait que le pays était devenu dépendant de l’Occident et que tout y allait à vau-l’eau depuis la révolution de Maïdan en 2014.


Le 25 août, deux journalistes espagnols, Antonio Pampliega et Manuel Ángel Sastre, avaient déjà été refoulés à l’aéroport de Kiev après 20 heures de garde à vue. Le SBU évoque leur couverture du conflit dans l’Est de l’Ukraine, et en particulier un reportage faisant état de bombardements ukrainiens sur les populations civiles. Ce qui leur vaut également trois ans d’interdiction de séjour pour avoir “nui aux intérêts nationaux”. Les deux journalistes figuraient déjà sur une liste de personae non gratae édictée par le gouvernement en 2015, mais en avaient été retirés sous la pression de la société civile.


L’Ukraine occupe la 102e place sur 180 au Classement mondial 2017 de la liberté de la presse, publié par RSF.