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2 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Trois journalistes arrêtés à Kinshasa


Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Mira Ndjoku, Reporters sans frontières (RSF) a demandé la libération de trois journalistes arrêtés à Kinshasa. "La situation ne s'améliore pas en République démocratique du Congo. Le dernier jour de l'année 2001 n'a pas fait exception. A cause des autorités congolaises, trois journalistes ont passé le réveillon du nouvel an derrière les barreaux", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Le président Joseph Kabila doit impérativement rappeler à l'ordre les différents services de sécurité du pays qui emprisonnent arbitrairement et impunément des journalistes", a ajouté le secrétaire général. Selon les informations recueillies par RSF, Guy Kasongo Kilembwe et Vicky Bolingola, respectivement rédacteur en chef et secrétaire de rédaction du journal satirique Pot-Pourri, ont été arrêtés, le 31 décembre 2001 à Kinshasa, par des agents des Services spéciaux de la police nationale congolaise. Le motif de leur arrestation semble lié à la publication d'un article, le même jour, intitulé "A cause de l'incapacité et de l'incompétence des dirigeants actuels…2002 : la faim continue". Pot-Pourri y affirmait qu'une "grave morosité plane sur les fêtes de fin d'année (…) Pendant ce temps, Kabila II, général-major d'opérette, parachuté chef de l'Etat, promet d'opérer des miracles au Katanga. Comme Kabila Ier". Le lieu de détention des deux journalistes reste inconnu. Le 31 décembre, Freddy Embumba, ancien journaliste du quotidien privé L'Avenir, a également été arrêté par les forces de l'ordre et conduit au camp militaire Kabila à Kinshasa. Le journaliste a été interrogé sur les raisons de sa récente démission du journal L'Avenir. Treize journalistes avaient quitté la rédaction du quotidien, quelques jours auparavant, en signe de protestation contre leurs conditions de travail. RSF a rappelé qu'en 2001, vingt-six journalistes ont été interpellés en République démocratique du Congo. En février, Guy Kasongo Kilembwe, avait déjà été arrêté par des membres des Services spéciaux de la police nationale congolaise. On lui reprochait alors la publication d'une caricature du président Joseph Kabila et d'une liste des ministres qui, selon le journal, ne devraient pas être reconduits dans le nouveau gouvernement. Le journaliste avait été fouetté par ses geôliers, avant d'être libéré, trois semaines plus tard.