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1 décembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Satisfaction de RSF après la saisine du “pôle crimes de guerre” du TGI de Paris dans le dossier Ochlick-Bouvier


Plus de deux ans et demi après les bombardements du 22 février 2012 à Homs en Syrie, qui ont provoqué la mort du photographe français Rémi Ochlik et les blessures graves de la journaliste freelance Edith Bouvier, le dossier d’instruction ouvert du tribunal de grande instance de Paris a été transmis au pôle "crimes de guerre et crimes contre l’humanité" à la demande d'Edith Bouvier et de son avocat, Me David Père. Les juges d’instruction spécialisés Emmanuelle Ducos, Claude Choquet et David De Pas ont été cosaisis il y a quelques semaines de ce dossier, dans lequel Reporters sans frontières (RSF) s’est portée partie civile. "Le fait que les magistrats du pôle spécialisé dans les crimes de guerre soient saisis des instructions de l’assassinat de Rémi Ochlik et de la tentative d’assassinat sur Edith Bouvier est un très bon signe envoyé par la justice française, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Cette initiative sur des faits perpétrés lors d’un conflit encore en cours redonne l’espoir que la lumière soit un jour faite sur cette attaque délibérée contre des journalistes. C’est grâce à ce genre d’initiatives que l’on pourra enfin combattre l’impunité générale dont jouissent les assassins de journalistes." Avec ce transfert, "l’affaire prend une autre dimension. Edith Bouvier pense bien sûr aux familles de Rémi Ochlik et de Mary Colvin ainsi qu’aux milliers de victimes civiles et espère que cette procédure leur donnera une lueur d’espoir", estime l’avocat d’Edith Bouvier, Me David Père. Une information judiciaire avait été ouverte en 2013 pour homicide involontaire sur la personne de Rémi Ochlick et tentative d’homicide sur Edith Bouvier. Selon l’avocat de RSF, Me Guillaume Prigent, "le transfert au pôle spécialisé constitue la reconnaissance judiciaire que des assassinats de journalistes sont susceptibles d'être qualifiés des crimes de guerre". Divers témoignages tendent à démontrer que les journalistes étaient visés directement et volontairement, notamment le témoignage d’un ancien militaire et le fait que des tirs successifs indiquent que les artilleurs ajustaient leur mire.