Actualités

18 octobre 2018

RSF rappelle à la Corée du Sud que la liberté de la presse ne peut souffrir d’exceptions

PHOTO: MINISTÈRE DE L’UNIFICATION, CORÉE DU SUD
Reporters sans frontières (RSF) regrette la mise à l’écart par Séoul d’un journaliste, ancien transfuge nord-coréen, qui devait couvrir une rencontre inter-coréenne lundi dernier, et rappelle qu’une démocratie ne peut transiger avec la liberté de la presse.

Reporters sans frontières (RSF) regrette la mise à l’écart par les autorités sud-coréennes de Kim Myong-song, ancien transfuge nord-coréen devenu journaliste du quotidien conservateur sud-coréen Chosun Ilbo en 2013, qui devait couvrir lundi une rencontre dans la zone démilitarisée entre les deux Corées.


Le ministère de l’Unification sud-coréen a justifié cette exclusion -que Pyeongyang n’avait pourtant pas réclamée- en invoquant les “circonstances spéciales” que représentent les pourparlers entre les deux États rivaux. Il avance notamment le fait que la présence du journaliste, transfuge de Corée du Nord et connu pour le ton acéré de ses articles, aurait pu déplaire aux Nord-coréens et faire peser un risque sur le bon déroulement des négociations.


“La liberté de la presse ne peut souffrir d’exceptions, et l’exclusion d’un journaliste sud-coréen en raison de son origine nord-coréenne ou de son esprit acerbe ne fait pas honneur à la grande démocratie qu’est la Corée du Sud, estime Cédric Alviani, directeur du bureau RSF Asie de l’Est, qui enjoint les autorités sud-coréennes à “prendre garde de ne pas renouveler ce dangereux précédent.”


La Corée du Sud sort d’une décennie noire pour la liberté de la presse mais a connu une amélioration sensible l’an dernier, passant de la 63e à la 43e place dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2018. Le président Moon Jae-in, ancien avocat et militant des droits humains élu en mai 2017, a pris l’engagement de faire remonter son pays à la 30e place d’ici la fin de son mandat.