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22 janvier 2018 - Mis à jour le 1 février 2018

RSF lance une pétition pour la libération des journalistes birmans Wa Lone et Kyaw Soe Oo

L’épouse du journaliste Wa Lone, Pan Ei Mon (deuxième gauche), et Nyo Nyo Aye, la sœur Kyaw Soe Oo, ont donné une conférence de presse. Les journalistes de Birmanie (droite) sont mobilisés pour exiger la libération de leurs confrères (Photos : Sai Aung Main – Thiha Lwin / AFP).
Alors que les deux journalistes de Reuters Wa Lone et Kyaw Soe Oo doivent à nouveau comparaître devant un juge mardi 23 janvier, Reporters sans frontières (RSF) appelle à signer une pétition demandant leur libération immédiate. Les deux reporters ne doivent plus être les otages de l’armée, qui refuse toute couverture journalistique dans les zones de peuplement des Rohingyas.

Cela fait un mois et demi qu’ils croupissent en prison. Arrêtés le 12 décembre 2017, les journalistes de Reuters Wa Lone et Kyaw Soe Oo doivent comparaître aujourd’hui devant un juge qui va analyser la demande de libération sous caution présentée par leur avocat. Une demande refusée lors de l’audience du 10 janvier dernier, qui a vu les deux reporters se faire notifier leur mise en examen pour atteinte aux “Secrets d’Etat”. Ils encourent 14 ans de prison. Leur seul crime : s’intéresser à ce qu’il se passe dans le nord de l’Etat de l’Arakan, qu’ont fui près de 690.000 réfugiés rohingyas.


“Il est inacceptable que des journalistes paient le prix de leur professionnalisme par de la prison, explique Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. C’est pourquoi nous appelons à signer la pétition exigeant la libération immédiate de Wa Lone et Kyaw Soe Oo. Ils sont clairement victimes d’une machination visant à intimider leurs confrères qui cherchent à informer sur la situation des Rohingyas. Nous ne pouvons pas accepter que les journalistes soient systématiquement empêchés d’enquêter sur l’une des pires crises humanitaires du monde.”Libérez Wa Lone et Kyaw Soe Oo !Signez la pétition


Depuis la fin du mois d’août, l’armée birmane est suspectée, notamment par l’ONU, d’avoir mené des atrocités qui s’apparentent à une “épuration ethnique” à l’encontre des populations rohingyas de l’Arakan. Les journalistes se voient systématiquement refuser l’accès sur zone, alors qu’ils devraient pouvoir rendre compte en toute liberté de la mise en œuvre de l’accord de rapatriement signé entre la Birmanie et le Bangladesh, dont le début était initialement prévu au plus tard aujourd’hui 23 janvier.


Or, le Bangladesh a annoncé hier que le processus pour respecter cette date limite était loin d'être abouti. La plupart des réfugiés refusent en effet d’être renvoyés en Birmanie tant que des garanties concrètes sur leur sécurité n’auront pas été fournies par les autorités. Permettre aux journalistes de rendre compte de ces retours est le meilleur moyen d’éviter de nouvelles exactions et de sortir du cycle violences-exode.


Dès septembre 2017, RSF a interpellé Aung San Suu Kyi, qui dirige le gouvernement birman, sur les nombreuses restrictions imposées aux journalistes. La Birmanie demeure à la 131ème place sur 180 pays dans le Classement mondial pour la liberté de la presse 2017 établi en 2017 par RSF.