Actualités

1 octobre 2019 - Mis à jour le 3 octobre 2019

RSF exhorte les autorités bosniennes à renforcer la protection des journalistes

Rassemblement de journalistes bosniens à Sarajevo, le 30 septembre 2019.
Après que deux supporters du club de football de Sarajevo ont menacé de mort puis forcé des journalistes à supprimer un article publié sur leur site d’information, RSF appelle les autorités à mettre en place des mesures de protection efficaces pour la profession

Deux supporteurs du club de football bosnien FK Sarajevo ont été arrêtés vendredi 27 septembre après avoir contraint, sous menace de mort, des journalistes de Radio Sarajevo à supprimer un article de leur site d’information.

La radio avait publié une information sur la condamnation récente en Biélorussie à cinq ans de prison d'un supporteur de Sarajevo pour possession de cocaïne.

Devant les locaux de la radio, les hooligans ont aussi obligé le journaliste Almir Sokolović à contacter d’autres médias pour leur demander de retirer cette même mention, sous peine de représailles sur ses proches. 

Une ligne jaune a été franchie avec ces menaces de mort contre des journalistes, leurs familles et cette attaque d’une grande violence, déclare Pauline Adès-Mével, responsable de la zone Union européenne et Balkans de RSF. Alors que les commanditaires de l’attaque violente perpétrée contre un autre journaliste Vladimir Kovacevic courent toujours, RSF appelle les autorités à mettre en place des mesures de sécurité et une justice efficaces contre ceux qui entravent la liberté d’informer et créé les conditions de l’auto-censure dans l’entité serbe de Bosnie-Herzégovine. De leur côté, les fédérations et club de football locaux doivent condamner ces actes inacceptables.” 

En Bosnie-Herzégovine, qui occupe la 63e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, les professionnels des médias sont tantôt la cible d’attaques en raison de leurs origines ethniques ou des contenus qu'ils produisent. Lundi, une cinquantaine d’entre eux ont défilé devant le bureau du procureur et le parlement de Bosnie pour faire entendre leur voix.