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13 juin 2017 - Mis à jour le 15 juin 2017

RSF dénonce la suspension de France 24 au Maroc

Maroc, le 13 juin 2017. RSF dénonce la suspension d'une émission de France 24 au Maroc Reporters sans frontières (RSF) dénonce la suspension d'une émission de France 24 en langue arabe au Maroc le 12 juin 2017. Une mesure qui confirme la crispation des autorités marocaines vis-à-vis de la presse traitant de l'actualité des manifestations du Rif.


Lundi 12 juin, le prestataire de France 24 en arabe a reçu un appel du ministère de la Communication lui ordonnant de cesser toute activité de la chaîne arabophone sur le territoire national au motif que le média ne disposait pas des autorisations nécessaires pour diffuser.


Trois jours auparavant, c’est le tournage du magazine mensuel de France 24 “Hadith Al Awassim” (On en parle dans les capitales) qui avait été annulé sur décision également du ministère de la Communication, officiellement pour “non respect de la procédure réglementaire”. Enregistrée habituellement à Rabat, cette émission animée par le journaliste Jamal Boudouma, accueille des personnalités de tous bords pour parler de sujets d’actualité au Maroc. L’émission devait traiter des manifestations qui secouent actuellement le Rif en présence d’un médiateur de la crise à Houceima, de l’avocate du mouvement Hirak, d'un journaliste du quotidien Al Massae et d’un analyste politique.


C’est la première fois que le ministère de la Communication évoque un problème d’autorisation et de procédure pour empêcher France 24 de tourner et de diffuser. Des sources concordantes voient dans ces mesures un prétexte trouvé par le gouvernement pour suspendre la chaîne à qui il reproche sa couverture déséquilibrée des manifestations dans le Rif et son “manque de neutralité” dans le traitement de l’actualité marocaine.


“Nous ne comprenons pas cette crispation à l’égard de notre chaîne, qui pour rappel est indépendante et non-gouvernementale. Dire que nous ne sommes pas neutres dans la couverture des manifestations du Rif alors que nous avons donné la parole à plusieurs reprises à des représentants du gouvernement est très surprenant. Nous allons faire les démarches administratives nécessaires et espérer que nous ne payons pas le fait d’être la première chaîne internationale au Maroc, a déclaré Marc Saikali, directeur de la rédaction de France 24 à RSF.


“Nous condamnons cette suspension d’un média reconnu mondialement et qui laisse présager des temps difficiles pour la presse étrangère au Maroc, déclare pour sa part Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de RSF. Nous appelons les autorités marocaines à éclaircir dans les plus brefs délais la procédure et les critères d’octroi et de refus des autorisations de tournage et de diffusion. ”


RSF a recensé cinq cas d’expulsions de journalistes étrangers en 2016. Parmi les cas les plus marquants, l’expulsion manu militari de Luigi Pelazza et Mauro Pilay, célèbres journalistes d’investigation italiens du programme Le Lene et la saisie de leur matériel. Début juin, un journaliste algérien Djamel Alilat était également expulsé pour avoir couvert les manifestations du Rif sans autorisation.


Le Maroc se situe à la 133ème place du Classement mondial 2017 de RSF.