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18 juin 2019

RSF demande la réouverture de deux chaînes de télévision fermées au Somaliland

Reporters sans frontières (RSF) condamne les attaques répétées des autorités de l’Etat autoproclamé du Somaliland visant à faire taire les médias indépendants après la fermeture pour une durée indéterminée de deux nouvelles chaînes de télévision.

Les équipes de journalistes des matinales de Horyaal TV et Eryal TV ont vu débarquer, ce mardi 18 juin, une dizaine de policiers venus procéder à la fermeture des deux chaînes privées installées à Hargeisa, deuxième ville de la Somalie et capitale du Somaliland, Etat autoproclamé indépendant mais non reconnu par la communauté internationale. D’après plusieurs organisations locales de défense de la liberté de la presse, les agents ont présenté une lettre signée du ministre de l’Information du Somaliland ordonnant la fermeture pour une durée indéterminée des deux chaînes pour “propagande contre les forces armées du Somaliland” et pour “atteinte à la sécurité”.


L’origine de la décision ne figurait pas dans la lettre et n’a pour l’instant pas été communiqué par les autorités. D’après les informations récoltées par RSF, les deux chaînes sont régulièrement dans le collimateur du pouvoir local, pour des articles critiques ou en raison de leurs reportages dans les régions de Sool, de Sanaag et d’Ayn que se disputent le Somaliland et l’état voisin du Puntland.

“Ces fermetures de chaînes sans mobile explicite, sans préavis, et sans durée déterminée, confirment le niveau très élevé de répression contre la presse indépendante au Somaliland, estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Nous demandons aux autorités locales de mettre fin aux suspensions arbitraires de médias et aux attaques répétées contre les professionnels de l’information alors que le contexte sécuritaire local rend déjà l’exercice du journalisme très périlleux.”

L’état de la liberté de la presse au Somaliland est fortement corrélé à celui des relations entre l’état autoproclamé et la région du Puntland. Il y a un an, RSF avait déjà documenté plusieurs suspensions de médias plusieurs arrestations arbitraires de journalistes en marge de la remontée des tensions et des affrontements armés entre les deux voisins.

La situation des médias ne s’est pas améliorée depuis l’élection du président Muse Bihi Abdi en 2017. En février dernier, le journal indépendant Foore a été suspendu pour un an pour “diffusion de fausses nouvelles” après avoir critiqué le coût de la construction d’un nouveau palais présidentiel.

La Somalie occupe la 164e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.