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3 septembre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF demande à la Ligue arabe de conditionner sa décision à la libération des prisonniers de conscience détenus


A la veille des procès du photographe Ahmed Humaidan, incarcéré depuis décembre 2012, et de l’avocat Maître Abdul Aziz Mousa, Reporters sans frontières exprime sa profonde inquétude pour le sort de cinq acteurs de l’information toujours incarcérés au Bahreïn. RSF demande également à la Ligue arabe de conditionner sa décision du 1er septembre 2013, permettant au Bahreïn d’accueillir la Cour arabe des droits de l’homme, à la libération des acteurs de l’information et des prisonniers de conscience toujours détenus. “Depuis plus de deux ans, les autorités bahreïnies répriment les manifestations qui demandent la mise en oeuvre de mesure de réformes politiques, tout comme les acteurs de l’information qui couvrent ce mouvement de protestation et sa répression par les forces de sécurité. Cinq acteurs de l’information sont incarcérés au Bahreïn. Des enquêtes indépendantes doivent être ouvertes sur leurs allégations de torture en détention. Nous demandons leur libération immédiate et l’abandon des charges qui pèsent à leur encontre”, a déclaré Reporters sans frontières. Le photographe Ahmed Humaidan a été arrêté le 29 décembre 2012. Il est accusé d’avoir participé à l’attaque du commissariat de police de Sitra, le 8 avril 2012, alors qu’il ne se trouvait pas sur les lieux. Depuis son ouverture, le 12 février 2013, le procès du photographe piétine et les audiences sont sans cesse reportées par le parquet qui peine à faire comparaître les témoins. Le 10 juin 2013, le principal témoin de l’accusation a finalement pu être interrogé par les avocats mais ses déclarations allaient à l’encontre des témoignages précédents. Selon l’avocat d’Ahmed Humaidan, ces contradictions suffisent pour invalider l’arrestation du photographe et les enquêtes ouvertes par le parquet à son encontre. En vain, l’avocat du photographe a demandé à plusieurs reprises l’ouverture d’une enquête indépendante sur les déclarations de tortures de son client, et exhorté les autorités pénitentiaires à autoriser un médecin à examiner l’état de santé d’Ahmed Humaidan. Incarcérés depuis le 31 juillet 2013, le blogueur Mohamed Hassan et le photographe Hussain Hubail, ont été inculpés le 21 août 2013 pour “administration de comptes (électroniques) appelant au renversement du régime”, “promotion et incitation à la haine contre le régime”, “incitation à la désobeissance des lois” et “appel à des rassemblements illégaux”. Ils sont également poursuivis pour “contribution au compte Twitter du réseau des médias du 14 Février (@Feb14Media)”. Mohamed Hassan et Hussain Hubail sont toujours en l’attente de l’ouverture de leur procès. Leur avocat, Maître Abdul Aziz Mousa, arrêté le 7 août 2013 pour avoir “publié sans autorisation le nom des défendants” et “divulgé les secrets de l’enquête”, a été libéré sous caution le 21 août 2013. Son procès s’ouvrira le 4 septembre 2013. Les autorités bahreinies ont également arrêté, le 13 août 2013, le cameraman freelance Qassim Zain Aldeen à son domicile, à la veille des manifestations de Tamarod. Il se trouve depuis lors au centre de détention de Dry Dock. Aucune charge n’a été retenue contre lui. Reporters sans frontières rappelle que l’infirmier Hassan Ma'atooq, arrêté le 24 mars 2011, purge une peine de trois ans de prison pour avoir publié des photos de manifestants blessés. Selon le Centre bahreini pour les droits de l’homme contacté par Reporters sans frontières, Hasan Matooq, qui a purgé plus des trois quarts de sa peine, serait en droit d’introduire une demande de liberation anticipée.