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24 janvier 2017 - Mis à jour le 2 février 2017

RSF demande la libération de Nabeel Rajab

Nabeel Rajab - Twitter
Poursuivi dans deux procès, le journaliste-citoyen et activiste bahreïni Nabeel Rajab est toujours maintenu en détention. Reporters sans frontières (RSF) demande sa libération immédiate et sans conditions.

Le célèbre défenseur des droits humains bahreïni devait comparaître, lundi 23 janvier, poursuivi dans le cadre de deux procès, l'un concernant l'affaire des tweets et le second en lien avec des interviews télévisées qu'il a données. Ces derniers ont été reportés respectivement au 21 et 8 février prochains.


RSF demande la libération immédiate de Nabeel Rajab, coupable d’avoir exercé son droit à la liberté d’expression et d’information en critiquant le pouvoir au Bahreïn, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient. Le nouveau procès intenté à son encontre traduit une volonté de le maintenir en détention coûte que coûte et de le punir pour ses déclarations faites à la presse, qui nuisent, selon le pouvoir à la réputation du pays à l’international. Ce n’est pas en condamnant ce journaliste-citoyen que la réputation du pays sera blanchie”.


Alors que le président du Centre bahreïni pour les droits de l’homme (BCHR) devait être libéré provisoirement le 28 décembre dernier à la suite d’une décision de justice dans l’affaire des tweets, le parquet a finalement décidé de son maintien en prison pour une autre affaire de cybercriminalité portant sur “la propagation de rumeurs et de fausses informations”. Cette dernière accusation est liée au fait que Nabeel Rajab a donné des interviews en 2014 et 2015 commentant la situation des droits humains au Bahreïn à des médias locaux et régionaux telles que Lualua TV, Al-Etejah TV et Al-Alam TV. Il risque jusqu’à deux ans de prison.


Il est principalement accusé de “publication et diffusion de fausses rumeurs en temps de guerre”, “d’insultes à institution” et “insultes à pays voisin” à la suite de tweets publiés en 2015, critiquant l’intervention militaire au Yémen et la torture dans la prison de Jaw au Bahreïn. Sa défense a soutenu qu’on ne pouvait certifier qu’il en était l’auteur.


Il fait également l’objet d’enquêtes pour des lettres publiées en septembre par le New York Times et en décembre dernier par Le Monde, dans lesquelles il a notamment critiqué la politique du pays.


Libéré le 15 juillet 2015 à la suite d’une grâce royale pour des “raisons de santé”, Nabeel Rajab a de nouveau été arrêté le 13 juin 2016. Sa détention, et son maintien pendant quinze jours à l’isolement, en plus des mauvais traitements qu’il aurait subis auraient aggravé ses problèmes de santé.


Le Royaume du Bahreïn se situe à la 162e position sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2016 établi par Reporters sans frontières.