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13 mars 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF condamne la nouvelle incarcération d’un collaborateur de LVD


Reporters sans frontières s'inquiète de la détention depuis le 9 mars 2014 de Maydaneh Abdallah Okieh, technicien du site de la radio indépendante La Voix de Djibouti (LVD). "Nous demandons aux autorités de libérer immédiatement Maydaneh Abdallah Okieh, arrêté arbitrairement alors qu'il couvrait une réunion de la coalition des mouvements d’opposition, l'Union pour le Salut National (USN). Les journalistes sont des témoins et à ce titre doivent bénéficier de la liberté de faire leur travail, ce qui implique aussi de donner une voix à des opinions divergentes. Le régime d’Ismael Omar Guelleh est-il si fragile qu'il ne peut supporter la moindre critique?", s'interroge Cléa Kahn Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. Maydaneh Abdallah Okieh a été arrêté le 9 mars 2014 à son domicile, dans la Cité Maka Moukarama, par des gendarmes de la brigade de Cheik Moussa à Balbala, banlieue de la capitale Djiboutienne, avant d’être placé en garde à vue puis transféré le 10 mars à la prison centrale de Gabode, connue pour ses conditions de détention déplorables. Selon la police, il était recherché depuis le 4 mars 2013, date à laquelle il avait couvert la réunion de l'USN à Balbala et été témoin de la violente répression de la gendarmerie qui s'était abattue sur les sympathisants présents au meeting. Accusé de "participation à des troubles à l’ordre public", le collaborateur des médias a comparu le 11 mars devant la Chambre des flagrants délits, supposée rendre son verdict le 18 mars prochain. Cette interpellation fait suite à deux longues périodes de détention à la prison centrale de Gabode pour Maydaneh Abdallah Okieh, en 2013. Il avait été détenu six mois, du 15 mai au 19 octobre 2013, accusé d’"outrage à un officier de police" et de "diffamation de la police" pour avoir posté sur Facebook des photos pointant la responsabilité de la police dans la répression de manifestations pacifiques. Plus tôt dans l’année, ce sont des charges de "provocation à la rébellion et à des manifestations illicites" qui lui avaient valu de passer un mois en prison, du 4 mars au 10 avril 2013. Djibouti occupe la 169e place sur 180 pays dans le classement mondial 2014 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Le pays perd deux places par rapport à l’année 2013. Photo : Maydaneh Abdallah Okieh