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24 décembre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

RSF atterrée par l’hécatombe de journalistes en Irak


Reporters sans frontières est abasourdie par la mort de cinq journalistes
dans l’attentat suicide qui a visé le 23 décembre 2013 au matin les bureaux de Salaheddine, une chaîne de télévision locale à Tikrit, au nord de Bagdad.

Quatre hommes ont attaqué les locaux de Salaheddine, la principale chaîne de télévision de la province éponyme. Deux d’entre eux ont réussi à faire détonner leurs charges explosives tandis que les deux autres ont été tués par les forces de sécurité avant de pouvoir actionner les leurs. D'après les informations recueillies par Reporters sans frontières, le directeur de l’information Raad Yassine Al-Badi, le producteur Jamal Abdel Nasser, le correcteur Ahmed Khattab Omar, la présentatrice Wissam Al-Azzaoui et le responsable des archives de la chaîne Mohamed Abdel Hamid ont été tués dans l’explosion. Quatre autres employés de la chaîne ont été blessés.

“Nous adressons nos plus sincères condoléances aux familles de ces journalistes ainsi qu’à leurs confrères. Nous demandons aux autorités l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire la lumière sur les circonstances exactes de cet attentat et de traduire les commanditaires devant la justice. Cet acte odieux ne doit pas rester impuni”, a déclaré Reporters sans frontières.

“Cette nouvelle attaque, qui choque par son caractère massif et ciblé, témoigne malheureusement de la dégradation de la situation sécuritaire dans laquelle exercent les professionnels de l’information. Ceux-ci sont de plus en plus souvent pris pour cibles en raison de leur activité professionnelle. Il incombe aux autorités irakiennes de leur permettre d’exercer leurs fonctions sans avoir à craindre pour leur sécurité,” a ajouté l’organisation.

Dans un courrier daté du 18 décembre 2013, Reporters sans frontières avait interpellé les autorités irakiennes sur la dégradation de la situation de la liberté de l’information dans le pays et du climat sécuritaire dans lequel travaillent les journalistes. L’organisation rend désormais ce courrier public et espère que les autorités compétentes prendront les mesures nécessaires pour mettre un terme à cette situation.

Les acteurs de l’information sont délibérément visés par des attaques dont les auteurs et commanditaires ne sont généralement pas identifiés. En trois mois, pas moins de 12 journalistes ont trouvé la mort. Plusieurs autres sont menacés de mort. A ce jour, les autorités irakiennes n’ont pas encore mis en place les dispositifs nécessaires pour assurer la protection des journalistes et n’ont pas entamé d'enquêtes sérieuses visant à punir commanditaires et auteurs de ces crimes.