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16 décembre 2016

RSF appelle à la protection des journalistes syriens à Alep-Est

Reporters sans frontières (RSF) exprime sa profonde inquiétude au vu de la détérioration de la situation à Alep et demande à toutes les parties au conflit de veiller à ce que les journalistes parmi les populations civiles, professionnels ou non, puissent être évacués s’ils le souhaitent ou rester sans faire l’objet de représailles en raison de leur travail journalistique.

Alors qu’un nouvel accord de cessez-le-feu a été décidé le 14 décembre dans la soirée pour permettre l’évacuation des civils et combattants vers Idlib, RSF souhaite attirer l’attention de la communauté internationale sur le sort incertain réservé aux journalistes professionnels ou non présents sur le terrain. Selon nos sources, ils sont plusieurs dizaines de journalistes, journalistes-citoyens et collaborateurs de médias à Alep-Est.


Nous demandons au gouvernement syrien et à toutes les parties au conflit de tout mettre en oeuvre pour protéger les journalistes et collaborateurs de médias en Syrie, et en particulier ceux qui demeurent ou souhaitent quitter Alep-Est, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation. La Syrie est le pays le plus dangereux pour les journalistes, professionnels ou non. Depuis 2011, 62 journalistes y ont été tués, ainsi que 152 journalistes citoyens et collaborateurs de médias. Nous rappelons que toutes les parties au conflit ont une responsabilité de protéger les civils, y compris les journalistes, en vertu de la Convention de Genève et du premier protocole additionnel.”


Le 13 décembre, RSF et 18 autres organisations de défense de la liberté de la presse et de soutien aux médias, ont lancé un appel conjoint pour exhorter toutes les parties impliquées dans le conflit à assurer la sécurité des civils, en particulier des journalistes, qui choisissent de rester ou souhaitent quitter Alep-Est.


Nous vivons une situation tragique. Je demande aux organisations des droits humains d’intervenir le plus vite possible pour protéger ceux qui demeurent dans les zones assiégées d’Alep-Est”, a témoigné auprès de RSF Salah Al-Ashkar, journaliste-citoyen freelance originaire d’Alep et très actif sur les réseaux sociaux.


D’autres journalistes et journalistes-citoyens se sont exprimés sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. Omar Al-Arab, journaliste-citoyen qui écrit pour le journal local hebdomadaire Al-Hibr, a témoigné par exemple de la situation à Alep-Est dans ses vidéos notamment sur Facebook.


Le journaliste-citoyen freelance Zouhir Al-Shimale tente également de couvrir la situation à Alep-Est en publiant des informations sur les réseaux sociaux, mais aussi en donnant des interviews. Contacté par RSF le 14 décembre dernier, ce dernier a témoigné de la difficulté de vivre et de couvrir ce qui se passe dans la zone assiégée d’Alep. Déçu de l’échec du cessez-le-feu non respecté la veille avec la reprise des bombardements dès la matinée, il espérait que les civils puissent être évacués le plus tôt possible sans risques d’être victimes d’exactions.


Le correspondant de l’Agence France Presse (AFP) à Alep-Est, Karam Al-Masri, a reçu le 14 décembre dernier le Grand Prix Varenne (de la Fondation Varenne) du journalisme dans la catégorie “journaliste reporter d’images” pour son reportage intitulé “Abou Omar, collectionneur de voitures à Alep en guerre”.


La Syrie occupe la position 177 sur 180 au Classement mondial de la liberté de presse 2016 établi par RSF.