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15 mai 2019

Royaume-Uni: RSF salue l’ouverture d’une enquête sur le groupe audiovisuel chinois CGTN

Reporters sans frontières (RSF) salue l’ouverture par l'autorité britannique de régulation de l'audiovisuel (Ofcom) d’une enquête visant le réseau de télévision chinois CGTN, qui se voit reprocher d'avoir diffusé des confessions forcées.

L'autorité britannique de régulation de l'audiovisuel (Ofcom) a annoncé le 9 mai dernier avoir ouvert une enquête sur de probables atteintes aux règles de diffusion par le groupe audiovisuel d’Etat chinois CGTN. La chaîne d'État se voit reprocher d’avoir diffusé des aveux forcés, une grave violation des droits humains qui enfreindrait une vingtaine de dispositions du code britannique de la radiodiffusion. L’Ofcom a été saisie par l’ancien journaliste et enquêteur privé britannique Peter Humphrey, 62 ans, détenu en Chine en 2013 et contraint d'avouer des crimes présumés à la télévision d’État chinoise en 2014, qui réclame la révocation de la licence du groupe CGTN.


« Cette action en justice montre que les démocraties disposent d’outils pour défendre leurs principes contre la propagande sans recourir à la censure, se réjouit Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’est de RSF, qui insiste sur le fait que « la liberté de la presse ne peut être utilisée comme un prétexte pour piétiner les droits humains. »


En mars, RSF a publié un rapport intitulé Le nouvel ordre mondial des médias selon la Chine, qui met en lumière la stratégie de Pékin pour contrôler l'information au-delà de ses frontières, menaçant la liberté de la presse à l'échelle mondiale et qui recommande aux médias, éditeurs et réseaux sociaux de refuser de diffuser des contenus de propagande ou manifestement contraires aux droits humains.


Selon l’ONG Safeguard Defenders, les chaînes d’État chinoises ont diffusé au moins 48 confessions forcées depuis 2013, dont celle de l’ancienne correspondante de Deutsche Welle Gao Yu en 2014, celle de l’éditeur suédois Gui Minhai en 2016 et celle du journaliste-citoyen Chen Jieren en 2018.


Dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2019 publié par RSF, la Chine a encore baissé au 177e rang sur 180.