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30 octobre 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières s'inquiète de la demande de mise en examen du journaliste Denis Robert


Denis Robert pourrait être mis en examen pour “recel d'abus de confiance” dans le cadre de l'affaire Clearstream. “Si les professionnels de la presse et leurs sources risquent des poursuites lorsqu'ils entrent en possession de documents ou d‘informations non destinés au public, le journalisme d'investigation est menacé”, a déclaré Reporters sans frontières.
Reporters sans frontières s'inquiète de la demande de mise en examen du journaliste Denis Robert pour « recel d‘abus de confiance », effectuée par le parquet de Paris le 28 octobre 2006, dans le cadre de l'affaire Clearstream . « Nous sommes inquiets de constater que ce chef d'inculpation, rarement utilisé, peut l'être à l'encontre d'un journaliste. Denis Robert s'est vu remettre des fichiers informatiques de la société luxembourgeoise de compensation financière, qu'il a utilisés à des fins de manifestation de la vérité, et non à des fins criminelles ou délictueuses. L'essentiel est que le but poursuivi par le journaliste d'investigation était légitime», a déclaré l'organisation. « Si les professionnels de la presse doivent être poursuivis chaque fois qu'ils sont amenés à entrer en possession ou à prendre connaissance de documents qui n'étaient pas destinés à être rendus publics, c'est tout le travail du journalisme d'investigation qui pourrait être compromis», a ajouté Reporters sans frontières. Impliquant de nombreuses personnalités du monde industriel et politique, l'affaire Clearstream a entraîné la mise en examen de Jean-Louis Gergorin ( ex vice-président d'EADS) et d'Imad Lahoud (ancien informaticien dans la même entreprise) pour « dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux ». Le premier ministre, Dominique de Villepin, et la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie seront entendus en qualité de simples témoins. Quant au général Philippe Rondot, il sera entendu en tant que « témoin assisté », statut lui permettant d‘accéder au dossier et de bénéficier de l'assistance d'un avocat. Denis Robert, ancien journaliste à Libération, est l'auteur de deux livres consacrés à l'affaire Clearstream. S'il était mis en examen et reconnu coupable de « recel d'abus de confiance », il risquerait jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende.