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4 septembre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Reporters sans frontières exige des nouvelles du journaliste Hassan Bility


Hassan Bility (photo), rédacteur en chef de l'hebdomadaire privé The Analyst, accusé de collaboration avec les rebelles du Liberians United for Reconciliation and Democracy (LURD), est détenu au secret depuis plus de deux mois. Il a été arrêté le 24 juin 2002, avec deux autres personnes, par des agents de sécurité. Malgré de nombreuses demandes, les autorités n'ont toujours pas présenté le journaliste à un juge, ni autorisé un membre de la Croix-Rouge à le rencontrer, comme l'avait pourtant annoncé le président Charles Taylor. A la lumière de nouveaux éléments dans cette affaire, Reporters sans frontières exprime à nouveau son extrême inquiétude sur cette situation et condamne fermement l'attitude des autorités. L'organisation exhorte les autorités à respecter la Constitution de leur pays et à présenter M. Bility à la justice. En effet, le refus des autorités de présenter et de juger M. Bility et ses codétenus est une violation de l'article 21 de la Constitution du Liberia. Ces derniers ont été incarcérés sans inculpation et dans un lieu tenu secret. Or, en vertu de cet article, les charges retenues contre toute personne détenue ou arrêtée doivent lui être signifiées de façon formelle et la présentation devant la juridiction compétente doit avoir lieu dans un délai de 48 heures. Par ailleurs, depuis le 20 août, Maria Nyenetue, la compagne et mère des enfants de Hassan Bility, est portée disparue. Selon un journal local, Maria Nyenetue était partie à la recherche de son conjoint à Klay (40 km au nord-ouest de Monrovia) après avoir reçu un mot de sa part lui demandant de l'argent. Ayant refusé de remettre l'argent au porteur du message, elle avait décidé de se rendre elle-même à Klay. Depuis son départ, sa famille est sans nouvelles. Hassan Bility est le rédacteur en chef du journal The Analyst, connu pour son ton très critique envers le président Charles Taylor. Suite à son arrestation le 24 juin, le ministre de l'Information avait déclaré que le journaliste était une figure centrale parmi ceux qui dirigent des cellules à Monrovia en collaboration avec les terroristes du LURD et leurs supporters aux Etats-Unis dans le but d'assassiner le président Taylor. Le porte-parole du LURD a démenti ces informations. En juillet et en août, les autorités ont refusé de présenter le journaliste et ses codétenus devant les tribunaux comme il le leur avait été demandé par plusieurs organisations de défense des droits de l'homme et par la Cour martiale suprême du Liberia en vertu de l'habeas corpus.