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12 septembre 2016 - Mis à jour le 13 septembre 2016

Réponse à Alain-Claude Bilie-By-Nzé, ministre de la Communication gabonais : RSF condamne toutes les attaques contre les médias

Crédit : Alain-Claude Bilie-By-Nzé / Gabonactu.com
Reporters sans frontières (RSF) répond au ministre de la Communication gabonais, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, qui accuse l’organisation de passer sous silence des exactions contre un média. L’ONG condamne sans parti pris toutes les attaques contre les médias et les journalistes, et appelle les autorités à ne pas empêcher le libre accès à l’information.

Lors d’une conférence de presse, le 8 septembre 2016, à Libreville, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nzé, a reproché à Reporters sans frontières (RSF) de ne pas avoir réagi à l’attaque du journal pro-gouvernemental gabonais L’Union, mettant ainsi en cause l’impartialité de l’organisation.


RSF défend l’ensemble des médias et des journalistes, indépendamment de leur appartenance politique, dès lors qu’ils sont victimes d’exactions, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. L’organisation déplore l’attaque contre L’Union comme celles contre les journaux d’opposition. Il est essentiel de proscrire toute entrave à l’exercice du journalisme. A ce titre, le refoulement à la frontière du journaliste du Monde Diplomatique, Olivier Piot, le 10 septembre, est symptomatique d’un verrouillage de l’information orchestré par les autorités. Sur quels critères, certains journalistes peuvent-ils se rendre au Gabon, tandis que d’autres en sont empêchés?”


Au lendemain des troubles qui ont ébranlé Libreville au soir du 31 août 2016, RSF avait condamné les attaques dont avaient été victimes plusieurs médias gabonais et continue depuis de surveiller de près les événements récents au Gabon.


L’organisation avait également exhorté, le 1er septembre, les autorités à protéger les médias ainsi qu’à garantir un accès libre à l’information. Or, si le Conseil national de la Communication a exprimé son inquiétude le 7 septembre, RSF s’étonne, au vu de la gravité de la situation, que ces violences à l’encontre des médias et des journalistes n’aient pas fait l’objet de condamnation officielle, à l’exception de l’agression le 9 septembre au siège de campagne de Jean Ping du journaliste de Gabon TV Jean-Raoul Mbadinga.


En outre, RSF s’interroge sur les mesures prises par les autorités pour mettre un terme aux violences qui visent sans discontinuité les médias et les journalistes et pour rétablir les réseaux de communication qui restent en partie ralentis ou bloqués au Gabon.