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26 décembre 2014 - Mis à jour le 9 janvier 2018

Récit de la répression contre la liberté d’information en Iran ( janvier - décembre 2014)


26.12.2014 - Le quotidien Roozan suspendu, une de ses journaliste arrêtée

Reporters sans frontières condamne une nouvelle fois les pressions exercées par la justice iraniennes à l’encontre de la presse écrite. Le quotidien réformateur Roozan a été suspendu par le parquet de Téhéran ce 23 décembre 2014. Selon le journal, “le vice ministre de la Culture et de l’Orientation islamique, qui confirme la suspension, a manifesté son désaccord avec le parquet.” D’après Roozan, la décision du parquet de Téhéran serait fondée sur l’irrégularité d’un supplément qui accompagnait son édition du 20 décembre, pour le cinquième anniversaire de la mort de l’ayatollah Hossein Ali Montazeri.

L’ayatollah avait été écarté du pouvoir en mars 1989, après avoir révélé des informations sur les exécutions massives de prisonniers politiques dans les prisons du pays, dont certaines décidées par l’ayatollah Khomeiny. Hossein Ali Montazeri est mort le 20 décembre 2009 à Qom. Le ministère de la Culture et de l’Orientation islamique avait alors interdit à de nombreuses rédactions de couvrir ses funérailles. Un quotidien avait été suspendu, une émission de la BBC présentant une interview de l’ayatollah donnée peu avant sa mort, brouillée.

Le 24 décembre 2014, Yaghma Fashkhami journaliste du service politique de Roozan a été arrêtée à son domicile de Téhéran, peu après une perquisition d’agents en civil. On ignore toujours le motif de cette arrestation.

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04.12.2014- Un journaliste arrêté pour avoir dénoncé la corruption dans l’administration

Reporters sans frontières a été informée de l’arrestation le 29 novembre 2014, d’Ali Ghazali, directeur du site d’information Baztab Emrooz. Le journaliste a été arrêté par des agents en civil du ministère des Renseignements de la capitale et transféré à la prison d'Evin. Selon la page Facebook du site Baztab Emrooz, “ il a été arrêté sur ordre du parquet spécial pour les médias, suite à une plainte déposée par le directeur de la Banque Sepah (la banque des forces armées)”. Le site avait publié plusieurs articles sur la "corruption dans l’administration" et des "détournements de fonds" de deux dirigeants de cette banque.

Ali Ghazali avait déjà été arrêté le 4 mai 2013, avant d'être remis en liberté le 18 mai dernier, pour ses critiques contre le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad.

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26.11.2014- Gracié, Hossein Derakhshan a été libéré

Reporters sans frontières a appris la libération, le 19 novembre 2014, du blogueur et journaliste iranien Hossein Derakhshan. Le blogueur a lui-même annoncé sa libération sur les réseaux sociaux : “Je suis retourné mardi à la prison d'Evin, après une permission de quinze jours. Le mercredi soir, les autorités m’ont annoncé que j'étais gracié pour le reste de ma peine par le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.”

Arrêté par les Gardiens de la révolution le 1er novembre 2008, le journaliste avait été accusé de «collaboration avec des États ennemis», «publicité contre la République islamique», «publicité pour des groupes contre-révolutionnaires», «insulte envers le sacré» et «création de sites immoraux».

Il avait été condamné en septembre 2010, à 19 ans et demi de prison, ainsi qu’à cinq années d’interdiction d’activités politiques ou journalistiques et d’une amende de 30 750 euros, 2 600 dollars et 200 livres.

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12.11.2014- Libération d'une journaliste à la fin de sa peine de six mois

Reporters sans frontières a appris la libération, le 11 novembre 2014, de Rihaneh Tabatabai, journaliste pour plusieurs journaux réformateurs, après avoir purgé sa peine principale

. Elle avait été renvoyée en prison le 21 juin 2014, condamnée à un an de détention ferme. La journaliste avait déjà été arrêtée le 16 janvier 2011, et condamnée le 2 avril 2012, pour “action contre la sécurité nationale” et "publicité contre le régime" à deux ans de prison par la 28e chambre du tribunal de la révolution de Téhéran. Cette peine a finalement été réduite par la 36e chambre du tribunal d'appel à six mois de prison ferme.

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03.11.2014- Libération provisoire du photographe de l’agence ISNA

Reporters sans frontières a appris la libération provisoire d'Arya Jafari. Le photographe de l’agence ISNA a été libéré, le 1er novembre, contre le versement d’une caution dans l’attente de son jugement. Il avait été arrêté, le 23 octobre 2014, par des agents en civil après la perquisition de son domicile dans la ville d’Ispahan. Il lui était reproché sa couverture d’un rassemblement d’une centaine de personnes devant le palais de justice d’Ispahan après plusieurs attaques à l’acide contre des femmes dans cette ville.

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21.10.2014- Libération de Marzieh Rasouli

Reporters sans frontières a appris la libération, le 19 octobre 2014, de Marzieh Rasouli, journaliste et collaboratrice pour la rubrique culture de plusieurs journaux, après avoir purgé sa peine principale. Elle avait été condamnée à deux ans de prison ferme et à 50 coups de fouet, pour “réunion et complot contre la République islamique” et “publicité contre le régime”. Cette peine a finalement été réduite par la 36e chambre du tribunal d'appel à un an de prison ferme. Renvoyée en prison, le 8 juillet 2014, elle a été libérée suite à l'application de l'article 134 du nouveau code pénal islamique (amendé en 2013) qui préconise que lorsqu’“un accusé est condamné pour plusieurs délits ou crimes, il purge seulement la peine principale». La journaliste avait déjà été arrêtée le 18 janvier 2012, avant d’être libérée deux mois plus tard contre le versement d’une caution de 300 millions de tomans (environ 350 000 euros). La mise en application de cette loi devrait permettre la libération de plusieurs milliers de prisonniers, notamment plusieurs journalistes et net-citoyens actuellement emprisonnés dans le pays.

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7.10.2014 -Libération de Bahaman Ahamadi Amoee et de Yeganeh Salehi

Reporters sans frontières a appris la libération, le 4 octobre 2014, de Bahaman Ahamadi Amoee, au terme de sa peine de prison. Il avait été arrêté avec son épouse Jila Bani Yaghoob, également journaliste, le 20 juin 2009, puis condamné à cinq ans de prison pour ses articles critiques à l’égard du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad. Jila Bani Yaghoob avait été libérée, le 24 août 2009, contre le versement d’une caution dans l’attente de son jugement. Le 22 octobre 2010, la 54e chambre du tribunal de Téhéran l'avait condamnée à un an de prison ferme et à trente ans d’interdiction d’exercer le métier de journaliste. Ecrouée le 2 septembre 2012, Jila Bani Yaghoob a été libérée après avoir purgé la totalité de sa peine.

Reporters sans frontières est soulagée par l’annonce de la libération provisoire, le 4 octobre 2014, de la journaliste Yeganeh Salehi contre le versement d’une lourde caution dans l’attente de son jugement. La journaliste de The National, journal basé aux Emirats arabes unis, avait été arrêtée, le 22 juillet dernier, en compagnie de son mari Jason Rezaian, correspondant irano-américain du Washington Post et d’une photographe indépendante américano-iranienne, (dont la famille ne souhaite pas révéler l’identité) à Téhéran. Cette dernière et son mari ont été libérés provisoirement un mois plus tard. Jason Rezaian reste, pour sa part, toujours emprisonné dans l’illégalité la plus totale.

Selon l'Agence France-Presse-AFP à Téhéran, Mohammad Koushesh, le directeur général du département des médias étrangers du ministèr²e de la Culture et de l’Orientation islamique, a confirmé la libération de la journaliste, précisant «que sa carte de presse restait valide et qu’elle pouvait continuer à travailler en Iran». Il répondait au beau-frère de la journaliste qui avait déclaré la veille, dans le Washington Post, qu’Yeganeh Salehi avait perdu son accréditation.

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16.09.2014 - Libération de deux net-citoyens et arrestation d’un journaliste

Reporters sans frontières condamne le renvoi en détention, le 14 septembre 2014, d’Ali Asghar Gharavi. L’écrivain de 73 ans, malade, a été convoqué par le bureau d’application des peines de la prison d'Evin, pour purger le reste de sa condamnation, soit six mois de prison ferme.

Ali Asghar Gharavi avait été arrêté, le 10 novembre 2013, après la publication d’un article dans l’édition du 23 octobre 2013 du quotidien réformateur Bahar. Cette publication avait également conduit à la suspension du journal, le 28 octobre 2013, par la Commission d’autorisation et de surveillance de la presse. L’écrivain avait été libéré provisoirement le 7 janvier 2014, contre le versement d’une caution, dans l’attente de son jugement.

Le 11 mai dernier, la 76e chambre de la Cour d'assises de Téhéran l’avait condamné à six mois de prison. Peine confirmée, le 20 août, par la 32e chambre de la Cour suprême. Par cette décision, le directeur du quotidien suspendu Bahar, Saied Pour Aziz, a également été condamné à 91 jours de prison ferme et deux ans de prison avec sursis. Le journal Bahar a quant à lui été définitivement fermé.

Reporters sans frontières a également été informée de la libération les 8 et 12 septembre 2014, des net-citoyens Saïd Haeri et Mohamed Davari, à l’issue de leur peine. Ils avaient été respectivement condamnés à deux et cinq ans de prison.

Mohammed Davari, rédacteur en chef du site d’informations Etemad-e Melli, (http://sahamnews.org/), a été arrêté le 8 septembre 2009, lors d’un raid des forces de sécurité au siège du journal. Il a été condamné, fin novembre 2009, à cinq ans de prison ferme par la 28e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran pour “réunion et complot contre la République islamique” et “publicité contre le régime”. Le journaliste avait publié des informations sur des cas de tortures et de viols dans les prisons de la République islamique.

Saïd Haeri, net-citoyen et membre du "Comité des reporters des droits de l’homme", a été emprisonné le 12 décembre 2012, pour purger une peine de deux ans ferme. Il avait été arrêté le 20 décembre 2009 avant d’être libéré provisoirement le 11 mars 2010. La 26e chambre du Tribunal de la révolution de Téhéran l’avait condamné à deux ans et demi de prison ferme, ainsi qu’à 74 coups de fouet pour "propagande contre le régime". Peine finalement réduite par la 36e chambre du tribunal d’appel à deux ans de prison ferme, six mois plus tard.

Deux autres membres du "Comité des reporters des droits de l’homme” avaient précédemment libérés : Shiva Nazar Ahari, net-citoyenne condamnée à quatre ans de prison ferme, qui avait bénéficié d'une libération conditionnelle en septembre 2013 pour raisons médicales. Et Said Jalali Far, libéré le 8 février 2014, au terme d’une réduction de sa peine de trois ans d’emprisonnement.

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09.04.2014 - Libération de Mehdi Mahmoudian la fin de sa peine de cinq ans

Reporters sans frontières a appris la remise en liberté, le 3 septembre 2014, de Mehdi Mahmoudian, journaliste réformateur, après avoir purgé la totalité de sa peine d’emprisonnement.

Arrêté le 16 septembre 2009 et condamné à cinq ans de prison pour "propagande contre le régime" et "dissémination de fausses nouvelles ", Mehdi Mahmoudian est le journaliste par qui le scandale du centre de détention de Kahrizak. (après l’élection contestée de juin 2009, plusieurs manifestants enfermés dans ce centre de détention ont été victime de torturés et au moins cinq entre eux sont morts.

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03.09.2014- Nouvelle arrestation de journaliste à Téhéran

Reporters sans frontières dénonce l'arrestation, le 1er septembre 2014, d’Amar kalantari, rédacteur en chef de l'agence de l'Université libre (Ana) à Téhéran. Le journaliste a été interpellé par des agents en civil à son lieu de travail et tansféré à la prison d'Evin. Le motif de cette arrestation n'a pas été officiellement annoncé, mais selon les informations publiées par Foad Sadeghi, son ancien collègue sur sa page Facebook, le journaliste a été renvoyé en prison pour purger une peine de quatre ans de prison ferme.» Le journaliste avait été jugé, en decembre 2009, pour «insulte» suite à une plainte déposée par Mohammad Ali Ramin, le vice-ministre de la Culture et de l’Orientation islamique et fidèle conseiller de Mahmoud Ahmadinejad.

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25.08.2014 -Libération de Mohammad Reza Pourshajari après quatre ans de détention

Reporters sans frontières a appris la remise en liberté, le 23 aout 2014, de Mohammad Reza Pourshajari, directeur du blog Rapport à la terre d’Iran, après avoir purgé la totalité de sa peine de quatre ans. Emprisonné depuis le 12 septembre 2010, Mohammad Reza Pourshajari avait été condamné, en avril 2011, à trois ans de prison ferme par la 109ème chambre du tribunal de la révolution de la ville de Karaj (nord de Téhéran) pour “insulte envers des dirigeants de la République islamique” et “publicité contre le régime”. En décembre 2011, il avait été, à nouveau, condamné par le même tribunal, à un an de prison ferme pour "insulte envers des textes sacrés de l’islam". Ses deux procès se sont déroulés en l’absence de son avocat. Depuis septembre 2011, le blogueur avait été transféré au dortoir des prisonniers de droit commun de la prison centrale de la ville de Karaj.

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21.08.2014 - La libération provisoire d’une journaliste et d’une photographe

Reporters sans frontières a appris la libération provisoire, le 20 août 2014, de Saba Azarpeyk, journaliste du mensuel Téjarat-é-Farda et du quotidien Etemad, et de la photographe indépendante américano-iranienne, (dont la famille ne souhaite pas révéler l’identité) collaboratrice plusieurs médias dont le quotidien américain Washington Post, qui a confirmé la libération de cette dernière. La photographe avait été arrêtée, le 22 juillet dernier, avec deux autres journalistes Jason Rezaian, correspondent irano-américaine du Washington Post à Téhéran, et son épouse iranienne, Yeganeh Salehi, qui travaille pour The National, journal basé aux Emirats arabes unis.

Saba Azarpeyk, elle a été libérée le 20 août dans la soirée, selon sa mère, contre le versement d’une caution de 200 millions de tomans (environ 190 000 euros), en attendant son jugement. Arrêtée le 28 mai 2014, elle a passée plus de 80 jours à l’isolement. On ignore toujours le lieu où elle a été détenue, ainsi que l’autorité responsable de son arrestation.

Malgré la libération de ces deux journalistes, la République islamique - avec huit femmes emprisonnées - reste la plus grande prison du monde pour les journalistes et net-citoyens femmes.

RSF a également été informée de l'arrestation le 27 juillet 2014 de plusieurs net-citoyens dans la ville de Mashhad (nord-est). Zahra Ka'abi, Hamid Hekmati, Ismael Izadi, Farid Saremi, Farjad Salehi et Ali Chinisaz, tous ont été arrêtés au centre culturel Kahk (La terre) et transférés dans un lieu inconnu. Dans le même temps, le domicile de certains d’entre eux a été perquisitionné par des agents en civil du ministère des renseignements; des ordinateurs, disques durs et des CDs ont été confisqués. Trois semaines après, les familles et les avocats n'ont toujours pas été informés des motifs et de leur lieu de détention.

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12.08.2014 - Fermeture des bureaux de chaînes de télévision privées religieuses

Reporters sans frontières a été informée de la fermeture , dans les différentes villes du pays , de plusieurs bureaux de chaînes de télévision privées, proches de l’ayatollah Sadegh Shirazi. Cet ayatollah fondamentaliste chiite est considéré par les autorités comme un dissident, en raison de ses prises de position critiques à l’égard du régime depuis la révolution de 1979. Dans un communiqué publié le 3 août 2014, le ministère des renseignements a accusé ces chaînes religieuses de “travailler illégalement pour des chaînes satellitaires basées aux États-Unis et en Grande Bretagne”, de “provoquer des tensions interreligieuses au sein même de l’Islam”, de “montrer une image dégradante du chiisme” et d’“insulter des personnalités saintes de l'Islam.” Des agents en civil du ministère ont perquisitionné les sièges des chaînes Imam Hossein, Abolfazal Abass, Alghaem, Alzahra et Almehdi, et confisqué l’ensemble des équipements (matériel de communication, ordinateurs, etc), avant de procéder à leur fermeture. Plusieurs responsables et collaborateurs de ces médias ont été violemment et arbitrairement arrêtés. Ainsi Hamed Taghipour, réalisateur pour des émissions religieuses dans la ville de Mashhad, est toujours détenu, tout comme Masoud Behnam, l'un des directeurs de la chaîne Imam Hossein, transféré dans un lieu inconnu alors qu'il était hospitalisé à Ispahan.

Les autorités censurent ces chaînes, alors que dans un même temps, elles laissent d’autres chaînes privées continuer à diffuser un discours de haine, insultant pour les musulmans sunnites.

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11.08.2014 - Lourde condamnation d'un journaliste

Reporters sans frontières dénonce la condamnation, le 26 juillet 2014, à six ans prison ferme, de Saraj Mirdamadi. Ce dernier travaille pour plusieurs médias, notamment le quotidien Hayat-é-No (suspendu en janvier 2003) et radio Zamaneh (basée aux Pays-Bas). Arrêté le 10 mai 2014

, le journaliste a été condamné pour “réunion et complot contre la République islamique” et “publicité contre le régime”. Son procès s'est tenu, le 21 juillet dernier, devant la 15e chambre du tribunal de la révolution de Téhéran.

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16.07.2014 Libération de Siamak Qaderi après avoir purgé sa peine de quatre ans

Reporters sans frontières a appris la remise en liberté, le 13 juillet 2014, de Siamak Qaderi, journaliste pour l’agence officielle Irna, après avoir purgé la totalité de sa peine d’emprisonnement.

Arrêté le 5 août 2010 et condamné le 21 janvier 2011, à quatre ans de prison et 60 coups de fouet pour "propagande contre le régime" et "dissémination de fausses nouvelles en vue de perturber l’ordre public au travers de son blog", Siamak Qaderi avait réalisé et mis en ligne plusieurs articles sur la répression du gouvernement, notamment des interviews avec des homosexuels en Iran, alors même qu’en septembre 2007, Mahmoud Ahmadinejad avait déclaré, lors de son passage aux Etats-Unis, qu’"il n’y a d’homosexuels en Iran". Le journaliste avait alors été licencié de l’agence Irna.

Siamak Qaderi est l’un des “100 héros de l’information” établis, pour la première fois, par Reporters sans frontières à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2014.

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08.07.2014- Marzieh Rasouli, troisième journaliste femme emprisonnée en un mois.

Reporters sans frontières condamne le renvoi en prison, le 8 juillet 2014, de Marzieh Rasouli, journaliste et collaboratrice pour les rubriques culturelles de plusieurs journaux.

Condamnée pour “réunion et complot contre la République islamique” et “publicité contre le régime”, Marzieh Rasouli a été convoquée par le tribunal de l’application des peines de la prison d’Evin afin de purger une peine de deux ans de prison ferme et recevoir 50 coups de fouet. Selon la journaliste, le tribunal d’appel ne s’est pourtant pas encore prononcé sur la condamnation émise en première instance.

Arrêtée le 18 janvier 2012, Marzieh Rasouli avait été placée à l’isolement à la section 2 A de la prison d’Evin, gérée par les Gardiens de la révolution, avant d’être libérée contre le versement d’une caution de 300 millions de tomans (environ 350 000 euros).

Marzieh Rasouli est la troisième femme journaliste emprisonnée depuis le 7 juin 2014, date à laquelle Mahnaz Mohammadi, journaliste documentariste, a été emprisonnée pour purger une peine de cinq ans de prison ferme. Le 21 juin 2014, Rihaneh Tabatabai, ancienne journaliste du quotidien Shargh, condamnée à un an, avait à son tour été incarcérée.

Avec 64 journalistes et net-citoyens emprisonnés, l’Iran est toujours l’une des cinq plus grandes prisons du monde pour les professionnels de l’information.

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10.06.2014- Une journaliste documentariste emprisonnée pour purger sa peine de cinq ans prison ferme

Reporters sans frontières condamne le renvoi en prison, le 7 juin 2014, de Mahnaz Mohammadi, journaliste documentariste.

Mahnaz Mohammadi avait déjà été arrêtée, les 26 juin 2011 et 29 juillet 2009, elle avait passé à chaque fois un mois dans la prison d’Evin avant d’être libérée sous caution exorbitante. Le 23 octobre 2013, la documentariste avait été informée de sa condamnation à cinq ans de prison par la 28e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran pour “réunion et complot contre la République islamique”, “publicité contre le régime”. Le 7 juin 2014, elle a été convoquée par le tribunal de l'application des peines de la prison d'Evin pour purger une peine de cinq ans de détention ferme.

Cette militante pour les droits des femmes en Iran est connue notamment pour son documentaire “Femmes sans ombre”. A l'édition 2011 du festival de Cannes, le cinéaste Costa Gavras avait alors lu un message pour que sa parole puisse s’exprimer: « Je suis une femme, je suis cinéaste, deux raisons suffisantes pour être coupable dans ce pays ».

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12.05.2014 - Arrestation du journaliste Saraj Mirdamadi

Reporters sans frontières condamne l’arrestation, le 10 mai 2014, du journaliste Saraj Mirdamadi, collaborateur de plusieurs médias et notamment du quotidien Hayat-é-No (suspendu en janvier 2003) et de la radio Zamaneh (basée aux Pays Bas).

Le journaliste, résidant en France depuis 2001, était rentré en Iran en août 2013, après l’élection du conservateur modéré Hassan Rohani à la Présidence de la République islamique. Proche des réformateurs, il avait activement soutenu le mouvement de contestation contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad de 2009.

Dès son arrivée à l'aéroport de Téhéran, son passeport lui a été confisqué et quelques jours plus tard, il a été mis en examen pour “action contre la sécurité nationale” par le parquet de la révolution situé dans la prison d'Evin. Le 8 janvier 2014, son dossier - jugé “incomplet” - a été retourné au parquet par le président de la 15e chambre du tribunal de la révolution de Téhéran.

Saraj Mirdamadi a été arrêté le 10 mai 2014 à l’issue de sa convocation par le parquet de la prison d'Evin. Son frère, Sadra Mirdamadi, a alors déclaré sur Radio Farda (Radio Free Europe) que Saraj était accusé de “publicité contre le régime” en raison de ses activités journalistiques et ses interviews avec les médias et de "complot en réunion contre la sécurité nationale” pour ses activités politiques. Selon les informations récoltées par Reporters sans frontières, les Gardiens de la révolution sont responsables de son arrestation.

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07.05.2014 - Suspension d'un autre quotidien réformateur

Reporters sans frontières condamne la suspension, le 7 mai 2014, du quotidien réformateur Ghanon (la loi), sur ordre du tribunal de Téhéran pour les médias, suite à une plainte déposée par le procureur de la capitale.

Selon Alireza Nikoui, un des responsable du quotidien, Ghanon a été suspendu pour “publication d’informations mensongères, susceptibles de troubler l'opinion publique et contraires aux valeurs islamiques”. De son côté, Masoud Kazemi, le rédacteur en chef du journal, a déclaré que “le bureau du procureur nous a informés ce matin par téléphone que la plainte faisait suite à la publication dans le numéro du 6 mai 2014 d’une information relative à la libération de Mohamed Royanian”. Cet ancien commandant des Gardiens de la révolution et ex-dirigeant d'un club de football de Téhéran - poursuivi dans plusieurs affaires de corruption - avait été arrêté la veille. L’information de sa libération contre le versement d’une caution d'un milliard de toman avait été publiée par plusieurs sites d'information.

Les médias et les journalistes réformateurs sont les premières victimes de la répression menée par le système judiciaire placé sous la tutelle des conservateurs, proches du Guide suprême, Ali Khamenei.

Reporters sans frontières a par ailleurs été informée, le 26 avril 2014, de l’annulation des suspensions qui visaient le quotidien réformateur Ebtekar ainsi que l’hebdomadaire conservateur 9 day. Les deux médias avaient été suspendus respectivement les 26 avril et 17 mars 2014.

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28.04.2014 – Suspension d’un journal et menace contre des familles de prisonniers

Reporters sans frontières condamne la suspension du quotidien reformateur Ebtekar, le 26 avril 2014. Le journal a été sanctionné par le parquet pour les médias et la culture de Téhéran, pour avoir écrit dans son numéro du 24 avril 2014 que le directeur de l’organisation des prisons du pays, Golamhossien Esmaili, avait été “démis de ses fonctions”. Mohamad Ali Vakili, le directeur du quotidien, a confirmé que “selon la lettre du parquet, le journal avait été suspendu en vertu de l'article 6 de la loi sur la presse pour “publication d'informations mensongères”.

Suite au déchaînement de violence survenue lors de la descente des forces de sécurité dans la prison d’Evin, le 17 avril dernier, qui a fait au moins une cinquantaine de blessés parmi les prisonniers d’opinion, le directeur de l’organisation des prisons du pays avait été démis de ses fonctions le 23 avril et nommé à la tête du département de la justice de la province de Téhéran, sur ordre de Sadegh Amoli Larijani, chef du pouvoir judiciaire.

RSF a été également informée de plusieurs menaces contre des familles de prisonniers. Ainsi, le 24 avril dernier, certaines d’entre elles ont reçu un texto menaçant de les arrêter “en cas de rassemblement illégal”. Ce message a été envoyé alors qu’un rassemblement avait été prévu pour le 26 avril. Le 25 avril, Kaveh Darolshafa, frère du net-citoyen actuellement emprisonné Yashar Darolshafa, a été arrêté à son domicile de Téhéran, après une perquisition d’agents en civil du ministère des Renseignements. Sa famille ignore toujours le motif de cette arrestation et son lieu de détention.

Pour plus d'informations sur la descente des forces de sécurité dans le dortoir 350 de la prison d’Evin:

- Déchaînement de violence lors d’une descente de police dans la prison d’Evin (Publié le 18 avril 2014 )

- RSF demande la création d’une commission d’enquête indépendante sur l’événement du dortoir 350 (Publié le 24 avril 2014 )

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19.03.2014 – Suspension d’un journal conservateur

Reporters sans frontières dénonce la suspension de l’hebdomadaire conservateur 9day, le 17 mars 2014. Le journal a été suspendu par la Commission d’autorisation et de surveillance de la presse, l’organe de censure du ministère de la Culture et de l’Orientation islamique. 9Day était l’organe de presse d'un groupe extrémiste au sein du pouvoir iranien, proche du Guide suprême Ali Khamenei.

Le journal a officiellement été suspendu pour “insulte et diffamation” et “publication de fausses informations”, en application des articles 6 et 12 du code de la presse. Depuis le début des négociations sur la question nucléaires entre la République islamique et les pays occidentaux, le gouvernement dirigé par le conservateur modéré Hassan Rohani est l'objet de critiques virulentes de la part des “durs" du régime.

Les médias et les journalistes sont les premières victimes de la guerre acharnée que se livrent les factions rivales au sommet du pouvoir en Iran. La répression touche particulièrement les médias indépendants.

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18.02.2014 - Blocage d’un site web, condamnation à huit ans de prison ferme pour avoir publié sur Facebook

Reporters sans frontières dénonce le renforcement de la répression contre les sites d'information independants et les net-citoyens en Iran. Un nouveau site a été rendu inaccessible et un net-citoyen a été condamné à huit ans de prison ferme pour ses publications sur Facebook.

Le site Ibnanews a été bloqué, le 9 février 2014, sur ordre du groupe de travail de détermination de contenus criminels suite à la publication d’informations sur les manifestations qui se sont tenues dans plusieurs villes du sud (Lorestan, Khozestan et Bakhtyarie). Les population des tribus Bakhtiari et le peuple lor ont manifesté contre une série diffusée par la télévision d'État, dont certains propos ont été considérés comme une insulte envers Sardar Assad Bakhtiari, l’un des leaders et héros national de la Révolution constitutionnelle de l'Iran (1906-1909). Mohessin Heidari, le directeur du site, a également été convoqué par la justice.

Le 16 février 2014, l’organisation a été informée de la condamnation d’Arash Moghadam Aslani à huit ans de prison ferme par la 15e chambre du tribunal de la Révolution de Téhéran. Le net-citoyen a été arrêté à la fin du mois d’août 2013 à son domicile de la capitale par des hommes en civil, et détenu depuis dans le dortoir 350 de la prison d'Evin. Il a été inculpé pour “publicité contre le régime” et “insulte envers les valeurs sacrées de l'islam”, pour ses publications sur Facebook.

L’organisation a également été informée de la libération, le 8 février 2014, de Said Jalali Far, au terme d’une réduction de sa peine de trois ans d’emprisonnement. Le net-citoyen avait été condamné, le 30 juillet 2011, à trois ans de prison ferme. Renvoyé derrière les barreaux le 8 septembre 2012, il a été gracié par le Guide suprême à l'occasion du 34e anniversaire de la Révolution avec plusieurs dizaines d'autres prisonniers d'opinion. Plusieurs d’entre eux, comme Said Jalali Far, purgeaient leurs derniers mois de prison.

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06.022014- Le site Entekhab inaccessible

Le site Entekhab (Le Choix) est inaccessible depuis le 1er février 2014 suite à la plainte déposée par le procureur de Téhéran et l'ordre de suspension prononcé par la 13ème chambre du tribunal du Téhéran pour les médias. Mstafa Faghihi, le directeur du site, a confirmé à l'agence officielle Irna que le site avait été filtré en raison de la publication d'une lettre d'un professeur d’université dans laquelle il critiquait - parmi d'autres sujets sensibles tels que la santé et l’éducation, etc - la politique nucléaire iranienne. Dans cette lettre, M. Sadeq Zibakalam avait écrit : « Même si les États-unis et 199 autres pays sont tombés d'accord sur notre politique nucléaire, (..) économiquement cette politique n'était pas bénéfique pour le pays. C'est une erreur absolue. On a perdu des millions dollars pour rien. »

Le 5 février, Sadeq Zibakalam a été convoqué par le tribunal et inculpé pour "publicité contre le régime ", "publication de fausses informations destinées à troubler l’opinion publique“, "insulte envers la justice" et "diffamation". Il a été libéré provisoirement le même jour dans l’attente de son procès, après le versement d’une caution de 50 millions de tomans (environ 50 000 euros).

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23.01.2014 En détention arbitraire depuis 2011

Le 17 janvier 2014, Mehdi Karoubi, propriétaire du journal suspendu Etemad Melli et ancien président du Parlement, a été transféré vers un lieu de détention secret, après avoir subi deux opérations de laminectomie et discectomie à l’hôpital Arad de Téhéran. Selon son épouse, Fatemeh Karoubi, le théologien dissident, âgé de 77 ans, a été hospitalisé cinq fois depuis le mois juillet 2013, suite à plusieurs malaises et notamment à un malaise cardiaque. Le 31 juillet 2013, il avait également subi une opération d’angioplastie.

Mehdi Karoubi, mais aussi Mir Hossein Mousavi, propriétaire du journal suspendu Kalameh Sabaz, et sa femme, l’écrivain Zahra Rahnavard, sont en résidence surveillée depuis février 2011. Si Mir Hossein Mousavi et son épouse sont détenus à leur domicile, sur ordre du ministère des Renseignements, Mehdi Karoubi, est lui détenu dans un lieu inconnu. Mir Hossein Mousavi et Zahra Rahnavard ont eux aussi été hospitalisés plusieurs fois à Téhéran, en août 2012, ainsi qu’en septembre et en octobre 2013 suite à un malaise cardiaque.

Reporters sans frontières rappelle que les détentions arbitraires de Mehdi Karoubi, de Mir Hossein Mousavi et de son épouse Zahra Rahnavard n’ont aucune base légale au regard du droit national et des normes internationales. Les emprisonnements de ces individus, privés du droit à un procès équitable, constituent une violation flagrante de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

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08.01.2014 – Suspension d'un journal conservateur

Reporters sans frontières dénonce la suspension de l'hebdomadaire conservateur yalasarat Hossien, le 6 janvier 2014. La mesure a été ordonée par la Commission d'autorisation et de surveillance de la presse, l'organe de censure du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique. La publication du groupe extrémiste islamique Hezbollah en Iran, avait publié, ces dernières semaines, plusieurs articles très critique envers du gouvernement du présidant conservateur modéré, Hassan Rohani, notamment sur les accords nucléaires. Le journal avait été suspendu pour “insulte et diffamation” et “la publication de fausses informations” en application de l’article 12 du code de la presse.

Reporters sans frontières a été également informée de la libération provisoire d’Ali Asghar Gharavi, le 7 janvier 2014, contre le versement d’une caution, dans l’attente de son jugement. Il avait été arrêté le 10 novembre 2013, après la publication d’un article dans le numéro du 23 octobre 2013 du quotidien réformateur Bahar. Suite à parution, le journal avait été égalemnt, suspendu, le 28 octobre 2013, par la Commission d’autorisation et de surveillance de la presse.

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Récit de la répression contre la liberté d’information en Iran (du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013)

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Récit de la répression contre la liberté d'information en Iran (du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012)

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Récit des violations de la liberté de la presse en temps réel à Téhéran et dans le reste de l'Iran (du 1er janvier au 31 décembre 2011)

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Récit des violations de la liberté de la presse en temps réel à Téhéran et dans le reste de l’Iran, Juillet-Décembre 2010

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Récit des violations de la liberté de la presse en temps réel à Téhéran et dans le reste de l’Iran, Janvier- Juillet 2010

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Récit des violations de la liberté de la presse en temps réel à Téhéran et dans le reste de l’Iran, Août - Décembre 2009

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Récit des violations de la liberté de la presse en temps réel à Téhéran et dans le reste de l’Iran - JUIN 2009

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Récit des violations de la liberté de la presse en temps réel à Téhéran et dans le reste de l’Iran - JUILLET 2009