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8 octobre 2019

Protestations en Irak : au moins trois médias saccagés en 24 heures

Ce weekend, plusieurs installations de médias basés à Bagdad ont été attaquées par des hommes armés alors que l’Irak connaît une vague de protestations depuis une semaine. Reporters sans frontières (RSF) dénonce ces attaques violentes visant clairement à réduire la presse au silence.

Plusieurs hommes armés masqués se sont introduits dans les bureaux de la chaîne panarabe Al-Arabiya (financée par le gouvernement saoudien) samedi 5 octobre à Bagdad. Les caméras de vidéosurveillance ont enregistré toute la scène : on y voit un employé de la télévision lever les mains en l’air, se mettre à genoux puis les assaillants arracher les câbles des ordinateurs, détruire les écrans et dérober les caméras.

 

Ces attaques coordonnées et préméditées, d’une rare intensité, sont inacceptables et extrêmement inquiétantes, réagit Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient à RSF. Les médias ne sont plus seulement des cibles sur le terrain mais aussi au coeur même de leur rédaction, les empêchant de rapporter ce qui se passe dans le pays

 

Al-Arabiya n’est pas la seule chaîne à avoir été attaquée. Dijlah TV a vu ses locaux de Bagdad incendiés le jour suivant et a immédiatement publié un communiqué, dénonçant une pratique qui “s’inscrit dans une politique de bâillonnement pour tuer la presse libre”.

Par ailleurs, le siège de la rédaction arabe de NRT à Bagdad a été la cible d’un saccage et d’un arrêt forcé de sa diffusion. Peu de temps après, la chaîne a promis un retour à la normale à ses abonnés sur sa page Facebook, avec le hashtag “Vous ne nous ferez pas taire”.

 

Enfin, la chaîne Alghad a indiqué que des hommes armés avaient blessé des membres de son équipe. Elle avait publié une vidéo dans laquelle une de ses présentatrices apprend qu'un invité n’a pas pu rejoindre le studio en raisons des affrontements en cours.

 

Après avoir bloqué certains réseaux sociaux, Internet a été coupé par les autorités dans tout le pays, à l'exception de la région du Kurdistan, selon les dernières informations recueillies par RSF. 

 

Cette année, l’Irak occupe la 156e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.