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15 janvier 2018 - Mis à jour le 17 janvier 2018

Premier assassinat de journaliste au Mexique en 2018

Source: Facebook
L’année commence mal pour la presse mexicaine. Ce samedi 13 janvier, le journaliste Carlos Domínguez Rodríguez a été lâchement assassiné dans les rues de Nuevo Laredo (Etat de Tamaulipas). RSF demande une enquête immédiate et craint une nouvelle vague de violences contre les journalistes, en cette année d’élections générales.

Centre ville de Nuevo Laredo, dans l’Etat du Tamaulipas (nord-est du pays). Samedi 13 janvier 2017. Alors qu'il circule dans sa voiture avec des membres de sa famille, le journaliste Carlos Domínguez Rodríguez est extirpé du véhicule par des hommes armés et cagoulés. Son corps sera retrouvé, criblé de 21 coups de couteau.


Carlos Domínguez Rodríguez était journaliste et chroniqueur pour le quotidien Noreste Digital et le site HorizontedeMatamoros. Ses collègues, interrogés par RSF, saluent son indépendance et son travail. Carlos Domínguez Rodríguez avait près de 40 ans d’expérience dans le journalisme et a toujours été très critique envers les autorités locales, et notamment l’ex-maire de la municipalité de Nuevo Laredo, Carlos Cantú Rosas, et l’actuelle maire de la ville de San Nicolas, Verónica Castellanos.


Carlos dénonçait régulièrement dans ses articles les kidnappings et l’augmentation de la violence orchestrée par le crime organisé à Nuevo Laredo. La veille de son assassinat, il venait de publier un édito très engagé intitulé: ‘la violence fait trembler le sol mexicain en période électorale’, dans lequel il pointait du doigt les échecs de la politique de sécurité du gouvernement fédéral et l’impunité qui perdure dans le pays depuis près de 20 ans. Il reprochait également à la maire de la ville de San Nicolas de “se défouler sur les journalistes qui dénonçent ses énormes défaillances”


“Il est alarmant de constater que pour les journalistes au Mexique l’année 2018 commence aussi mal que l’année 2017 s’est terminée, déplore Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de l’organisation. Le Mexique ne doit pas rester en 2018 le deuxième pays le plus meurtrier au monde pour la presse comme il ne l’a été en 2017. Ce nouveau meurtre doit faire l’objet d'une enquête immédiate et indépendante. Par ailleurs, comme il s’y était engagé l’année dernière, le gouvernement mexicain doit redoubler d’efforts pour garantir la sécurité des journalistes et, renforcer les mécanismes de protection existants. Cet engagement est d’autant plus important que le Mexique entre dans une année d'élections générales, une période pendant laquelle la presse est traditionnellement prise pour cible.”


Pour les collègues de Carlos, il ne fait aucun doute que son assassinat est lié à son travail journalistique. Quelques heures après les faits, Francisco García Cabeza de Vaca, le gouverneur du Tamaulipas a condamné les faits dans un communiqué, et s’est engagé à ce que le crime ne reste pas dans l’impunité.


En 2017, au moins 11 journalistes ont été assassinés au Mexique en lien direct avec leur activité journalistique, ce qui en fait le deuxième pays le plus meurtrier du monde pour la presse, juste derrière la Syrie, (voir le bilan RSF 2017).


Le Mexique est classé au 147ème rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF.