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26 septembre 2019

Pour son 70e anniversaire, le régime chinois se déguise en champion des droits humains

PHOTO: WANG ZHAO / AFP
Dans un livre blanc publié à l’occasion de son 70e anniversaire, le régime de Pékin n’hésite pas à se travestir en champion des droits humains en dépit de violations massives et systématiques de la liberté de la presse.

Une semaine avant les célébrations du 70e anniversaire de la République Populaire de Chine (RPC), le bureau d'information du Conseil des Affaires de l’État a publié dimanche 22 septembre un livre blanc qui dresse un catalogue des réalisations économiques et sociales de la Chine et en conclut que le pays est devenu une véritable démocratie et un champion des droits humains, deux domaines pour lesquels il est pourtant régulièrement pris en défaut. Sans surprise, le document fait l’impasse sur la situation désastreuse de la liberté de la presse dans le pays alors que la Chine se retrouve cette année au 177e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse, deux rangs, seulement, au dessus de la Corée du Nord.


« Ce document est un écran de fumée destiné à masquer le bilan exécrable du pouvoir chinois en matière de droits humains et notamment de liberté de la presse, dénonce Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), qui appelle la communauté internationale à ne pas se laisser berner par « un discours qui confond à dessein développement et droits humains, tels qu’ils sont définis par la Déclaration universelle des droits de l’Homme, dont la Chine est signataire mais qu’elle bafoue au quotidien. »


La Chine est la plus grande prison au monde pour les journalistes avec au moins 115 détenus, dont certains risquent de subir le même sort que le prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo et le blogueur Yang Tongyan, morts en 2017 de cancers non soignés en détention. Les 850 millions d’internautes chinois sont pour leur part tenus à l’écart par un système de censure et de surveillance technologique qui limite leur capacité à s’informer librement.


En 2018, dans le cadre de la préparation de l'Examen Périodique Universel (EPU) de la République populaire de Chine par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, RSF a détaillé les nombreux crimes commis contre les journalistes par le régime chinois, dont des faits de torture et de détention arbitraire. 


Dans un rapport publié en mars dernier, RSF dénonçait aussi les efforts réalisés par Pékin pour établir un nouvel ordre mondial des médias sous son contrôle, dans lequel le rôle des journalistes serait réduit à celui d’auxiliaires de la propagande des États.