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24 mars 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Plusieurs journalistes qui couvraient les manifestations anti-guerre pris à partie par les forces de l'ordre


Plusieurs journalistes ont été pris à partie par les forces de l'ordre lors de la répression des manifestations anti-guerre, au Caire les 20, 21 et 22 mars, durant lesquelles environ 800 personnes ont été arrêtées. "Nous demandons aux autorités égyptiennes de laisser les journalistes, égyptiens et étrangers, exercer leur métier. Les événements que connaît aujourd'hui l'Egypte sont particulièrement inquiétants. Les journalistes doivent être en mesure de les couvrir, sans craindre pour leur sécurité", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. Le 20 mars, en fin d'après-midi, alors que les forces de l'ordre chargeaient les manifestants devant l'université américaine (centre-ville du Caire), un journaliste travaillant pour la télévision d'Etat a dû monter au 7e étage d'un immeuble pour échapper à la charge des forces de l'ordre. Son cameraman a été blessé, vraisemblablement par un coup de bâton, et a dû recevoir des points de suture. Sa caméra a été endommagée. Le lendemain, jour de la plus importante manifestation au Caire, alors que des policiers pénétraient dans le bâtiment du syndicat des avocats qui tenait une réunion, un cameraman de la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira a été frappé par des policiers. Lena El Ghadban, une journaliste de la chaîne, a préféré leur donner son sac et sa caméra plutôt que d'être également frappée. D'autres journalistes auraient également été pris à partie durant cette journée. Le 22 mars, en début d'après-midi, Hossam El Hamalawy, stringer pour le quotidien américain Los Angeles Times, a été arrêté par cinq policiers en civil alors qu'il sortait d'un restaurant de la place Tahrir (centre-ville), où il déjeunait avec deux collègues. Bien qu'il ait précisé qu'il était journaliste, les hommes lui ont confisqué sa carte de presse, la batterie de son téléphone portable et sa carte d'identité. Il a ensuite été conduit, avec de jeunes hommes raflés dans la journée, au poste de police de Gamaleya. Là, on a pris leurs empreintes et leur photo en notant sur les clichés la mention " dangereux criminel". Dans la soirée, le journaliste a été transféré au quartier général de la Sûreté de l'Etat où on lui a bandé les yeux. Un officier qui l'a interrogé a affirmé ne pas avoir su qu'il était journaliste. Il lui a dit que c'était une "erreur". Pourtant, le journaliste a dû signer un papier affirmant qu'il ne participerait à "aucune émeute qui détruise la propriété publique ou privée." Il a été relâché vers deux heures du matin. Lors d'une manifestation le 20 mars au Caire, il avait été violemment frappé, avec des bâtons, par des membres des forces de l'ordre.