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4 janvier 2019

Ouverture du procès Khashoggi en Arabie saoudite : “Seule une enquête internationale indépendante pourra faire la lumière sur cet assassinat”

(c) AFP
A l’ouverture du procès des meurtriers présumés du journaliste Jamal Khashoggi en Arabie saoudite, le parquet a requis la peine de mort contre cinq d’entre eux. Reporters sans frontières (RSF) maintient que seule une enquête internationale indépendante permettra de faire toute la lumière sur cet assassinat

Trois mois après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul, le procès de 11 suspects s'est ouvert, le 3 janvier 2019, devant une cour pénale de Riyad. Cinq peines de mort ont déjà été requises, selon un communiqué lapidaire du procureur général publié par l'agence de presse officielle SPA. Les noms des suspects ne sont pas précisés, pas plus que ceux pour lesquels la condamnation à mort est requise. Le tribunal n’a pas fixé de date pour la prochaine audience.

 

“Requérir la peine de mort contre des suspects dans l’assassinat de Khashoggi est une manière terrible de tenter d’occulter les véritables responsabilités, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). Seule une enquête internationale indépendante, comme RSF le réclame depuis le début, permettra de faire la lumière sur cette affaire.”

 

Dans ce même communiqué, le procureur général saoudien a indiqué n’avoir pas reçu de réponse de la Turquie au sujet de preuves que Riyad lui avait demandées.

L’Arabie saoudite a de son côté refusé la demande turque d’extradition de 18 personnes soupçonnées d’être directement impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi.  

 

En exil, l’éditorialiste et voix critique du régime saoudien Jamal Khashoggi a disparu le 2 octobre 2018 au consulat saoudienà Istanbul. Riyad, après avoir longuement nié sa mort, a finalement admis qu'il avait été assassiné par des agents saoudiens, et destitué plusieurs responsables. Le prince héritier Mohammed ben Salmane n’a en revanche pas été inquiété, bien que les “plus hauts niveaux du royaume” soient soupçonnés d’avoir commandité l'opération contre Jamal Khashoggi.

 

L’assassinat de Jamal Khashoggi s’est produit alors que la répression s’intensifie contre les journalistes et blogueurs en Arabie saoudite. Entre 25 et 30 journalistes professionnels ou non y sont actuellement emprisonnés, victimes de mauvais traitements, détenus arbitrairement ou condamnés à des peines iniques. Le pays occupe la 169e place sur 180 au Classement mondial 2018 de la liberté de la presse établi par RSF.