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31 mars 2016 - Mis à jour le 8 avril 2016

Nouveau gouvernement en Libye : RSF demande à M. Fayez El Saraj de protéger la liberté de la presse

Le gouvernement libyen d’union nationale dirigé par le Premier ministre M. El Saraj, s’est installé ce 30 mars 2016 à Tripoli. Le soir même, une brigade saccageait les locaux du média Nabaa TV. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cette attaque et appelle les nouvelles autorités à protéger le droit d’informer et ceux qui l’exercent.

Après de longues négociations entre les deux gouvernements rivaux de Toubrouk - à l’est -, et de Tripoli - à l’ouest -, un gouvernement libyen d’union nationale, appuyé par les Nations Unies est arrivé le 30 mars 2016 à Tripoli. Alors qu’elle se fixe pour objectif principal un retour de la stabilité politique dans le pays, la crédibilité de la nouvelle instance gouvernementale est mise en mal après l’attaque le soir même du siège de Nabaa TV par une brigade proche, selon nos sources, du milicien Haytham Al Tajouri. Plusieurs journalistes ont été agressés et le local a été totalement vandalisé.

Rien ne peut justifier une telle attaque. Cet évènement marque un très mauvais départ pour les nouvelles autorités libyennes, déclare Yasmine Kacha, responsable du bureau Afrique du nord de RSF. Le retour de de la paix civile en Libye ne se fera pas si l’information n’est pas protégée. Nous exhortons M. Feyez El Sarraj à prendre des mesures concrètes et rapides pour lutter contre l’impunité dont ont bénéficié ces derniers mois ceux qui s’en prennent à l’information”.

Les reporters libyens sont régulièrement kidnappés par des milices armées et violentés physiquement pour avoir choisi de s’intéresser à certains sujets. Ils sont en général libérés au bout de 24h à 48h. A ce sujet, RSF exprime son inquiétude après la disparition du cyber-journaliste Ali Al Asballi le 28 mars 2016, à environ 100 km de Benghazi.

En outre et dans des régions contrôlées par le groupe “État islamique”, il est demandé aux journalistes professionnels et non-professionnels de faire voeu de silence sur toute exaction commise contre les civils, sous peine de se voir assassinés.

Des médias de référence tels que Bawabat Al Wassat ont été censurés pendant plusieurs mois via le piratage systématique de leur site internet. De nombreuses attaques contre les sièges de radios ainsi que le brouillages des ondes de plusieurs télévisions ont été rapportées à RSF.

Reporters sans frontières a publié conjointement avec l’UNESCO un guide sur la sécurité des journalistes, mis à jour en janvier 2016. L’organisation plaide actuellement pour la création du poste de représentant spécial sur la protection des journalistes auprès du secrétaire général des Nations Unies.

La Libye est 154e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par RSF.