Actualités

23 juillet 2019

Nigeria : un journaliste tué par balle au cours d’une manifestation

Des policiers nigérians patrouillent dans les rues d'Abuja lors d'affrontements avec des membres du Mouvement chiite islamique du Nigéria (IMN) le 22 juillet 2019. Kola SULAIMON / AFP
Reporters sans frontières (RSF) demande l’ouverture d’une enquête après la violente dispersion d’une manifestation qui a coûté la vie à un jeune journaliste à Abuja, capitale du Nigeria.

Precious Owolabi, journaliste en service civique à Channels TV, l’une des chaînes les plus populaires du Nigeria, est décédé des suites de ses blessures lundi 22 juillet après avoir reçu une balle au cours de la dispersion d’une manifestation à Abuja. Décrit par son média comme un reporter “jeune et prometteur”, il couvrait une marche de protestation du Mouvement islamique du Nigeria, une organisation chiite, qui manifeste presque quotidiennement dans les rues de la capitale pour demander la libération de leur leader. Lundi, les policiers ont fait usage de tirs à balles réelles après des heurts avec les manifestants. Au moins six membres du mouvement et un policier ont été tués en plus du journaliste. Le président Nigérian Muhammadu Buhari a adressé ses condoléances à la chaîne et à la famille du journaliste saluant le “professionnalisme” de la rédaction malgré la perte de l’un de ses membres. 


“Tiré sur un journaliste dans l’exercice de ses fonctions est un acte très grave et les mots réconfortants du président ne suffiront pas à rendre justice à ce jeune reporter abattu dans l’exercice de ses fonctions, estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Nous demandons l’ouverture d’une enquête rapide pour identifier l’auteur du tir. L’impunité ne doit pas prévaloir. Plus aucun journaliste n’avait été tué au Nigeria depuis 2012”.


Le Nigeria occupe la 120e position sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2019.