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18 mai 2016 - Mis à jour le 19 mai 2016

Narges Mohammadi victime d’une horreur judiciaire en Iran : 10 ans de prison

Reporters sans frontières (RSF) dénonce fermement la condamnation de la journaliste iranienne Narges Mohammadi à 10 ans de prison ferme.

Elle avait comparu le 20 avril 2016 devant la chambre 15 du Tribunal de la Révolution de Téhéran, dans un procès entaché d’irrégularités, sous l’influence du ministère des renseignement et des Gardiens de la révolution. La famille de la journaliste, par ailleurs porte-parole du Centre des défenseurs des droits de l’homme, a été informée du verdict le 18 mai 2016.


Narges Mohammadi est une héroïne de l’information qui fait honneur au journalisme et à la défense des libertés, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. Une condamnation aussi lourde prouve le caractère inique de la justice iranienne. Face à une telle horreur judiciaire, le président Rohani ne saurait garder le silence, même si l’on sait très bien que la justice iranienne est sous les ordres du Guide suprême.”


Narges Mohammadi a été condamnée à la prison ferme pour trois chefs d’accusation, cinq ans pour “réunion et complot contre la République islamique”, un an pour “propagande contre le régime” et dix ans pour collaboration avec l’association Legam, qui milite pour l’abolition progressive de la peine de mort en Iran, une cause interdite en Iran. Selon une loi adoptée à l’été 2015, un accusé condamné pour plusieurs délits ou crimes ne purge que la peine principale. La journaliste a ainsi a été condamnée officiellement à 10 ans ferme.


Contacté par RSF, son époux, Taghi Rahmani, déclare que « cette condamnation est une vengeance non seulement contre Narges, mais contre l’ensemble de la société civile iranienne. C’est une action commune des Gardiens de la révolution et du ministère du renseignement pour intimider les activistes qui informent sur les atteintes aux droits de l’homme en Iran, notamment sur la situation des prisonniers d’opinion. »


Lundi 2 mai 2016, lors d’une soirée organisée par Reporters sans frontières (RSF) au Théâtre du Rond Point à Paris, la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait remis la médaille de la Ville de Paris à quatre journalistes sur proposition de RSF, notamment à Narges Mohammadi. Cette dernière, emprisonnée à Téhéran, a fait parvenir un message poignant. Privée des soins médicaux dont elle a besoin, sa santé est en danger. Elle a été hospitalisée à Téhéran à la fin du mois d’octobre 2015, menottée à son lit, puis réincarcérée dix jours plus tard contre l’avis des médecins.


Avec 30 journalistes et citoyens- journalistes emprisonnés,l’Iran est toujours l’une des cinq plus grandes prisons du monde pour les professionnels de l’information. Le pays est classé 169e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de Reporters sans frontières.