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7 avril 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Nabeel Rajab en prison pour un tweet sur la torture dans les prisons


Reporters sans frontières (RSF) condamne la répression en ligne continue au Bahreïn. Alors que le célèbre défenseur des droits de l’homme Nabeel Rajab est arrêté le 2 avril, suite à un nouveau tweet, les journalistes et net-citoyens, qui croupissent dans les prisons bahreinies, sont réduits au silence.

Condamné à six mois de prison le 20 janvier 2015 suite à un tweet jugé insultant pour les forces de l’ordre et en attente de la sentence en appel reportée au 4 mai, Nabeel Rajab a été à nouveau arrêté pour un tweet sur la pratique de la torture dans la prison de Jaw. Il avait publié une semaine avant son arrestation un article sur des cas de torture pour le Huffington Post.

Environ une vingtaine de voitures de police attendaient le dirigeant du Centre pour les droits de l’homme au Bahreïn (BCHR) à son domicile à Bani Jamra le 2 avril 2015 avec un mandat d’arrêt pour propagation de fausses nouvelles sur Twitter, menacant la paix civile. Son arrestation a été capturée dans une vidéo dans laquelle il affirme qu’il s’agit encore d’une tentative de réprimer la liberté d’expression des personnes dans le pays et que son combat pour les droits de l’homme ne s’arrêtera pas.

Reporters sans frontières condamne l’acharnement des autorités bahreinies contre ce militant des droits de l’homme. “On tente de faire taire le dissident Nabeel Rajab qui fait un vrai travail de documentation sur les violations des droits de l’homme dans le royaume bahreini depuis des années. Reporters sans frontières appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle”, a déclaré Lucie Morillon, directrice des programmes de l’organisation.

Selon son compte Twitter tenu par ses collègues, Nabeel Rajab aurait été présenté en audience le 5 avril au cours de laquelle il devait répondre des accusations d’incitation à la haine contre le régime, de diffusion de fausses nouvelles ainsi que de diffamation.

Les terribles conditions de détention à la prison de Jaw

Les abus en prison ont maintes fois été dénoncés dans le passé et cette prison est sous les feux des projecteurs depuis les violents accrochages qui ont eu lieu le 10 mars 2015 entre les prisonniers et les forces de sécurité. Les familles sont inquiètes étant sans nouvelles des prisonniers depuis cet incident et voyant leurs visites annulées.

Selon nos sources, la famille du photographe de renommée internationale Ahmed Humeidan - arrêté en décembre 2012 et condamné à 10 ans de prison en août 2014 - demeure sans nouvelles de lui et se préoccupe des rumeurs selon lesquelles il aurait été torturé et passerait ses nuits à l’extérieur dans le froid avec interdiction d’utiliser les toilettes.

La famille du photographe Hussain Hubail, arrêté le 31 juillet 2013 et condamné à cinq ans de prison le 28 avril 2014, a pu le contacter au téléphone pendant deux minutes au cours desquelles il aurait raconté qu’il passait ses nuits avec d’autres prisonniers dans une tente à l’extérieur des bâtiments de la prison avec la même interdiction d’utiliser les toilettes. Malade, Hussain Hubail a besoin d’un traitement spécial.

Les familles du caméraman Qassim Zain El Deen, arrêté en août 2013 et condamné à trois ans de prison, et des net-citoyens Jassim Al-Nouaimi (arrêté le 31 juillet 2013 et condamné à cinq ans de prison le 28 avril 2014) et Ali Al Mearaj (arrêté le 6 janvier 2014 et condamné à deux ans et demi de prison le 8 avril 2014) ont vu leurs visites prévues au cours du mois de mars annulées.

Des procès reportés

Le procès des photographes Ahmed Zain El Deen, Mustapha Rabea et Houssam Sroor a également été reporté au 16 avril 2015. Mustapha Rabea a également une autre audience prévue le 26 avril 2015.

Ahmed El Mousawi a également vu son procès reporté au 23 avril prochain.

Le Bahrein figure à la 163e place sur 180 au Classement mondial 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.