Actualités

27 octobre 2015 - Mis à jour le 26 octobre 2016

Mossoul, cimetière de l’information libre


Reporters sans frontières (RSF) et Journalistic Freedoms Observatory (JFO), son organisation partenaire en Irak, publient un rapport accablant sur l’état de la liberté de la presse à Mossoul, depuis la prise de la ville par le groupe Etat Islamique.

Les journalistes et autres salariés des médias sont une cible privilégiée du groupe Etat Islamique, en particulier depuis son offensive au nord-ouest de l’Irak. Selon les chiffres du JFO, depuis juin 2014, 48 journalistes, citoyens-journalistes et employés de média ont été enlevés. Parmi eux, au moins 13 ont été exécutés à Mossoul. Si certains des kidnappés ont été libérés, on reste sans nouvelles de 10 autres journalistes professionnels et non-professionnels, toujours détenus par l’EI. Enfin, 60 journalistes et employés des médias ont fui la ville. Certains qui y sont revenus l’ont payé de leur vie.


« RSF rappelle que toutes les parties au conflit armé en Irak sont tenues de respecter les journalistes - en vertu de la résolution 2222 adoptée en 2015 et des Conventions de Genève - et réitère son appel au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir la Cour Pénale Internationale pour lutter contre l’impunité des auteurs des crimes commis à l’encontre des journalistes, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF. L’enquête du JFO sur le terrain révèle le terrible quotidien des journalistes depuis la prise de Mossoul par l’EI et la volonté de contrôle absolu de l’information en provenance de la ville. Cette volonté est également illustrée par une “prise de guerre”, celle des studios et de l’équipement des médias locaux, afin de poursuivre la guerre de l’information. »


Mossoul, deuxième ville d’Irak, est tombée entre les mains des djihadistes le 10 juin 2014. Depuis, la production médiatique libre de la ville est réduite à néant. Les médias ont tous été saisis et servent aujourd’hui de vecteur de diffusion pour les messages du groupe djihadiste. Les journalistes toujours en ville doivent, quant à eux, cesser de faire leur métier s’ils veulent éviter d’être victime des exactions du groupe extrêmiste.


Le rapport conjoint donne la liste des victimes des nombreuses exactions perpétrées par l’EI, assortie d’une courte biographie pour chacune. Pour des raisons de sécurité, certains journalistes interrogés ont souhaité rester anonymes. Mossoul est un véritable “trou noir de l’information” depuis juin 2014. RSF, en collaboration avec le JFO, a fait son possible pour vérifier chaque information donnée dans le rapport.


L’Irak figure à la 156e place (sur 180) du Classement 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

Version en anglais du rapport

Version en arabe du rapport