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28 août 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Mise en cause du droit à la protection des sources journalistiques


Un journaliste du quotidien Morgenavisen Jyllands-Posten a été placé sur écoutes et contraint de révéler ses sources d'information dans les milieux islamistes du pays.
Le directeur du quotidien danois Morgenavisen Jyllands-Posten a révélé, le 28 août 2002, que l'un de ses journalistes, Stig Matthiesen, a été placé sur écoutes et contraint par décision de justice de révéler ses sources d'information dans les milieux islamistes du pays. Reporters sans frontières a interpellé le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, dans un courrier envoyé le 28 août 2002. "Nous dénonçons l'une des mises en cause les plus graves de la liberté de l'information intervenue en Europe ces derniers mois dans le contexte de la lutte antiterroriste", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Naguère le pays européen le plus libéral en matière d'information, le Danemark a désormais recours aux pires méthodes pour contraindre un journaliste à révéler ses sources : mise sur écoutes, menaces et intimidations, et peine de prison. Nous vous demandons d'intervenir afin que ces pressions cessent et que le secret des sources journalistiques, seule garantie d'un journalisme d'enquête et d'investigation indépendant, ne soit plus remis en cause au Danemark", a ajouté M. Ménard. Reporters sans frontières rappelle que plusieurs Etats de l'Union européenne, récemment encore le Royaume-Uni, l'Italie, la Belgique, le Luxembourg et la France, bafouent régulièrement la jurisprudence de la Cour européenne sur le respect des sources journalistiques, pilier de la liberté de la presse. Les institutions internationales elles-mêmes passent outre le respect de ce principe fondamental. Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI) a décidé, le 9 juin 2002, de contraindre Jonathan Randal, ancien journaliste du Washington Post, à témoigner contre sa volonté devant le tribunal.