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21 décembre 2015 - Mis à jour le 8 mars 2016

Meurtre de Norbert Zongo: l’enquête redémarre


Trois suspects du Régiment de sécurité présidentielle ont été arrêtés dans l’affaire Zongo. Reporters sans frontières (RSF) invite la justice burkinabé à persévérer dans son enquête sur l’assassinat du journaliste et notamment sur l'identification de ses commanditaires
Reporters sans frontières (RSF) salue la nouvelle étape franchie au Burkina Faso dans l’enquête sur le meurtre du journaliste d’investigation Norbert Zongo. Le 12 décembre  dernier, trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde de l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré, ont été arrêtés et inculpés. "Ces arrestations envoient un signe fort de la détermination des nouvelles autorités à lutter contre l'impunité", déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières, "Il est important que la justice burkinabé continue sur sa lancée et fasse le nécessaire pour confondre les véritables coupables de cet assassinat car 17 ans après les faits, les principaux suspects sont morts et les commanditaires de l'assassinat n’ont toujours pas été identifiés". Norbert Zongo, journaliste pour l’hebdomadaire L’indépendant, avait été retrouvé assassiné en décembre 1998 alors qu'il enquêtait sur la mort en détention de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, frère et conseiller du président de l'époque.   L’instruction, réouverte en mars 2015 après la chute du président Blaise Compaoré, n'avait jusqu’ici pas progressé, malgré l’impulsion donnée le 5 juin 2015 par le jugement de la Cour africaine des Droits de l’Homme et des peuples (CADHP) qui réclamait alors la reprise des poursuites. Reporters sans frontières suit depuis le début, et de très près, les investigations autour de la mort du journaliste. Dès la première commission d’enquête, créée six jours après l’assassinat de Zongo, RSF avait dénoncé l’ingérence et la censure du pouvoir Compaoré dans le processus judiciaire. Le Burkina Faso est classé 46ème sur 180 pays dans le Classement 2015 sur la liberté de la presse établi par Reporters Sans Frontières.