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4 décembre 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Menaces à l'encontre de deux journalistes indépendants : Reporters sans frontières appelle à "apaiser les esprits à l'approche des élections"


Reporters sans frontières dénonce les menaces dont sont victimes Dié Maty Fall, journaliste indépendante travaillant notamment pour les journaux privés Sud Quotidien, Le Populaire, L'As et les sites internet Rewmi.com et Nettali.net, et Pape Alé Niang, animateur de la revue de presse sur la station de radio privée Sud FM. “Les menaces contre les journalistes, quel que soit leur bord, sont toujours dangereuses, car ceux-ci sont souvent les premières victimes des haines politiques. Nous appelons la police à mener une enquête sérieuse pour dissuader ceux qui s'en prennent à la presse, afin d'assainir le climat et calmer les esprits à l'approche des élections”, a déclaré Reporters sans frontières. Dié Maty Fall a affirmé à Reporters sans frontières que sa mère avait reçu le 25 novembre 2006 trois appels téléphoniques anonymes. Le premier, d'une correspondante féminine, cherchait à savoir “si sa fille se trouvait chez elle”. Un deuxième correspondant a fait passer un message explicite : “Dites à votre fille de rester tranquille, de cesser de mettre son nez partout, de s'occuper de son travail seulement, (...) sinon il lui adviendra quelque chose de terrible." La journaliste et sa mère ont chacune porté plainte contre X au commissariat central de Dakar. Dié Maty Fall, qui a été responsable de la rubrique politique du quotidien public Le Soleil, dénonce “les menaces et les insultes à l'encontre des journalistes indépendants". “Je n'ai jamais eu peur des menaces, mais cela m'inquiète qu'elles affectent ma famille”, a expliqué la journaliste, soulignant la gravité de certaines insultes, notamment raciales. Elle a indiqué qu'elle avait, par ailleurs, au cours de sa carrière, été la cible de plusieurs tentatives de corruption de la part de membres du gouvernement. Pape Alé Niang affirme pour sa part avoir été l'objet de menaces de la part du ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, en présence du président de la République. Le ministre aurait préconisé, lors de la réunion du comité directeur du Parti Démocratique Sénégalais (PDS, au pouvoir) du 22 novembre, “d'administrer une correction” au journaliste pour sa revue de presse jugée “irrévérencieuse” à l'endroit d'Abdoulaye Wade.