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23 mars 2021 - Mis à jour le 26 mars 2021

Maroc : Maâti Monjib enfin libre après 20 jours de grève de la faim !

Reporters sans frontières (RSF) exprime sa joie et son soulagement après la libération du journaliste franco-marocain Maâti Monjib qui observait, au péril de sa vie, une grève de la faim depuis près de trois semaines.

Alors que son état de santé se dégradait dangereusement après 20 jours de grève de la faim, le journaliste et historien franco-marocain Maâti Monjib a été libéré ce mardi 23 mars.

 

“Nous sommes tellement heureux d’apprendre la libération de Maâti Monjib, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. L’iniquité évidente de la procédure et son état de santé le réclamaient. Toutes les poursuites engagées contre lui et contre les autres journalistes marocains accusés à tort doivent être abandonnées au plus vite, avant que d’autres vies ne soient mises en danger.”

 

Cette libération survient quatre jours après l’opération de soutien menée par les équipes de RSF devant les grilles de l’ambassade du Maroc à Paris. Visiblement amaigri, Maâti Monjib est sorti peu avant 20 heures (heure locale) de la prison d’Al Arjat 2 près de Rabat, où il était incarcéré depuis le 29 décembre 2020. A ce stade, selon les informations recueillies par RSF, sa libération ne serait pas assortie d’une interdiction de sortie de territoire. 

 

Maâti Monjib avait cessé de s’alimenter depuis le 4 mars 2021 afin de dénoncer sa condamnation à un an de prison ferme et à une amende de quinze mille dirhams (1400 euros) pour « atteinte à la sécurité de l’Etat » et « fraude ». Ses avocats et son comité de soutien avaient dénoncé ce jugement rendu le 27 janvier dernier par le tribunal de première instance de Rabat en son absence, et sans que ses avocats n’aient été ni convoqués, ni même prévenus. L’audience d’appel aura lieu le 6 avril prochain. La justice doit aussi se prononcer dans les prochains jours sur l’opportunité ou non de donner suite à une autre affaire de “blanchiment d'argent” pour laquelle il est poursuivi et qui lui avait valu son arrestation fin décembre.

 

Figure du combat pour les droits de l’homme au Maroc, Maâti Monjib, âgé de 59 ans, est aussi un journaliste et éditorialiste reconnu. Membre du comité de rédaction du magazine papier et en ligne Zamane, il signait jusqu’à son arrestation un éditorial bimensuel sur le journal Alquds Alarabi, publié à Londres. Maâti Monjib est également le fondateur du Centre Ibn Rochd d’études et de communication et de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI) et a, à ce titre, contribué à la formation de plus de 450 journalistes marocains.

 

Ses activités en faveur de la liberté de la presse au Maroc et des droits de l’homme ont fait de lui une cible du régime marocain depuis plusieurs années. En octobre 2015, Maâti Monjib  avait déjà observé une grève de la faim de 21 jours pour protester contre son interdiction de quitter le territoire pour se rendre à des colloques internationaux.

 

Le Maroc occupe le 133e rang sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse de RSF.