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13 juin 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Manifestations à Athènes : une photographe blessée par les forces antiémeutes


En marge d’une manifestation à Athènes, jeudi 12 juin 2014, une photographe a été blessée par les forces antiémeutes grecques (MAT). Son état a nécessité une hospitalisation d’urgence. Un journaliste a également essuyé des coups.
Tatiana Bolari couvrait une manifestation pacifique réunissant une cinquantaine d’agents d’entretien licenciés par l’État. Ces manifestants étaient venus protester devant le ministère des Finances contre une décision du Conseil d’Etat confirmant leur licenciement. Tatiana Bolari, facilement identifiable comme journaliste grâce à son matériel de travail, a été violemment chargée par les forces antiémeutes. Frappée aux jambes et dans le dos à coups de bouclier, elle a été transférée à l’hôpital. En 2012, Tatiana Bolari avait déjà été victime de la violence des forces antiémeutes. Frappée par un policier armé de son bouclier, la photo de son agression avait fait le tour du monde. Dans le même temps, Marios Lolos, journaliste lui aussi, a été frappé par les mêmes forces antiémeutes. Le journaliste a déclaré à Reporters sans frontières : “Nous étions par terre et les forces antiémeutes nous marchaient dessus. Cela a bien duré 30 minutes." Il a précisé que “le ministère des Finances s’était protégé d’une intrusion en fermant ses portes et déroulé des rideaux de fer", rendant ainsi la charge du MAT inutile. En 2012, Marios Lolos avait déjà été hospitalisé pour une blessure au crâne suite aux coups portés par un membre du MAT. Une plaque de métal soudée à son crâne atteste de la gravité de sa blessure. “Les agissement des forces antiémeutes sont intolérables. Le nombre de cas de violence sur des journalistes causées par le MAT ne cesse d’augmenter depuis des années maintenant et aucune sanction forte ne donne réparation aux victimes. Aujourd’hui une photographe est à l’hôpital. Et c’est en toute impunité que ces violences s’exercent. Cette impunité doit cesser et les journalistes doivent pouvoir rapporter l’actualité sans craindre pour leur intégrité physique. Nous demandons à la police de se saisir de ces deux nouveaux cas et de sanctionner les auteurs de ces violences”, déclare Reporters sans frontières. La situation des journalistes en Grèce ne cesse de se dégrader. Dans un contexte économique extrêmement difficile qui fragilise les médias et précarise la profession, la violence des forces antiémeutes s’abat sans distinction sur les manifestants, les casseurs et les journalistes. Ces derniers doivent également faire face aux comportements parfois très agressifs des manifestants eux-mêmes ainsi qu’à la violence du parti néonazi Aube Dorée qui les prend très souvent pour cible. Pris en étau, ils ne peuvent mener leur mission d’information dans les conditions nécessaires. Alors que la Grèce occupait une honorable 30ème place au Classement mondial de la liberté de la presse 2007, elle est aujourd’hui 99ème, avant dernier pays de l’Union européenne.