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21 janvier 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

L'Iran doit mettre fin à la privation de soins médicaux pour les journalistes emprisonnés


Reporters sans frontières (RSF) dénonce fermement les conditions de détention dans lesquelles sont maintenus les journalistes en Iran. Plusieurs d’entre eux sont malades et privés de soins.

Reporters sans frontières est très préoccupée par l’état de santé de journalistes détenus par la République islamique d’Iran. Le 14 mars 2015, l’organisation avait adressé une lettre à Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, pour lui demander d’intervenir.

Hossien Ronaghi Malki: Journaliste-citoyen, il bénéficiait depuis le 18 juin 2015, d’une permission médicale contre le versement d’une caution d’1,4 milliard de tomans (environ 500 000 d’euros), mais il a été convoqué et renvoyé en prison le 20 janvier. Arrêté le 13 décembre 2010, il purge une peine de dix-sept ans de prison malgré plusieurs opérations des reins et contre l’avis des médecins. Ses jours sont aujourd’hui en danger. Selon l’article 134 du nouveau code pénal islamique amendé en 2013 (qui préconise qu’un accusé condamné pour plusieurs délits ou crimes ne purge que la peine principale), Hossien devrait être libéré.

Said Razavi Faghih: Journaliste emprisonné depuis le 24 février 2014, il devait être relâché en mars 2015. Mais à l’issue d’un procès inique le 6 septembre dernier, il a été condamné à trois ans et demi de prison pour “publicité contre le régime”, “insulte envers Ali Khamenei et les membres de l’assemblée des experts”. Opéré du cœur le 12 janvier 2015, Said Razavi Faghih s’était réveillé sanglé sur son lit d’hôpital après l’intervention. Dans ces conditions, le journaliste avait demandé à regagner sa cellule à la prison de Rajaishahr. Son frère a déclaré “Nous avons plusieurs fois alarmé la justice sur l'état de santé de mon frère, s’il lui arrive quelque chose nous considèrerons que c’est un assassinat”.

Narges Mohammadi: Journaliste iranienne et porte-parole du Centre des défenseurs des droits de l’homme, arrêtée le 5 mai 2015, elle doit purger une peine de six ans de prison à la prison d’Evin, et ce sans les soins médicaux dont elle a besoin. Selon Taghi Rahmani, son mari exilé en France, « elle n'a pas d’accès régulier aux médicaments et cela peut mettre sa santé en péril.» Alors qu'elle doit être rejugée pour plusieurs chefs d'accusation, notamment pour «collaboration avec Daech », le jugement a été reporté trois fois depuis juin. La journaliste a été hospitalisée à Téhéran à la fin du mois d’octobre, menottée à son lit, puis réincarcérée dix jours plus tard contre l’avis des médecins. Elle n'est toujours pas autorisée à contacter son mari et ses enfants.

Roya Saberi Negad Nobakht: Journaliste-citoyenne irano-britannique condamnée à cinq ans de prison, elle a fait plusieurs malaises dans sa cellule du dortoir des femmes de la prison d'Evin. Le 7 décembre après un nouvel épisode, suivi d’une chute, elle a été transférée à la clinique interne de la prison, où le médecin «a trouvé son état normal» et lui a injecté un tranquillisant. Le lendemain, prise de convulsions, elle a perdu connaissance. D’après un neurologue sur place ces malaises seraient dûs à une «erreur de prescription de médicaments de la part de la clinique » . Le médecin a demandé le transfert de la patiente vers un hôpital spécialisé, ce que les responsables refusent, sans doute pour cacher les dysfonctionnement d'Evin.

«Nous rappelons que les articles 102 et 103 du règlement intérieur des prisons en Iran, mis en place par l’instance juridique en charge de la gestion des lieux de détention, oblige les autorités pénitentiaires à dispenser aux prisonniers malades les soins nécessaires.
déclare Reza Moini responsable du bureau Iran/Afghanistan de Reporters sans frontières.
En vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dont l’Iran est partie prenante, la privation de soins médicaux constitue une violation de l’interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants